‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 16 sur 139 · LIV. Il, CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIV. Il, CHAP. IV

La révolution d'Espagile se serait néanmoins opérée sans secousse, si le peuple n'eût pas reçu d'exjcitation. Car s'il eût été poussé à l'insurrection par son orgueil blessé , il eût été retenu par le sentiment de son bien-être. L'invasion menait avec elle la civilisation, et proscrivait cette foule d'institutions antiques qui ne sont plus en rapport avec les mœurs actuelles. Mais le clergé qui perdait tout , et se^s richesses, et sa considération , et son influence, arma le peuple, et commença

lîtîque anglaise, Pattaqueraîtiiëcessairement^ si elle pouvait un jour le faire avec quelques apparences de succès.

Un conseil fut tenu à Fontainebleau, où se trouvait la cour. L'empereur appela un de ses maréchaux qui avait longtemps fait la guerre sur les Pyrënëes , et lui demanda des renseignements ; mais il ne se décida ni pour ni contre la proposition. Bientôt après il partit pour Tltalie.

Cependant les affaires d'£spagne se brouillaient de plus en plus. Le roi Charles , la reibef, le prince de la Paix, imploraient le secours de IVapoléon. A ddfaut de secours, ils demandaient un refuge en France, une chaumière. Le projet de conquête fut remis sur le tapis; JNapoldou partit pour Bajonne. Lé reste est assez connu«

Le peuple espagnol opposa une vigoureuse résistance à l'armée d'invasion. Napoléon dut lui-même se mettre, à la tête de ses troupes.

C'est alors que quelques unes des personnes qui avaient cpDseillé celte guerre , notamment M. le prince de ******* , la reprochèrent à Napoléon. Le succès paraisa^ai^ ne pas de-

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cette lutte dont il devait retirer tout le fruit. Les Espagnols se levèrent avec le pressentiment de leurs défaites, ils étaient à moitié vaincus par la terreur qu'inspirait la valeur française , mais ils préféraient mourir glorieusement, que de vi- vre sous les lois du vainqueur ; dévouement sublime ! La faute d'un général leur donna de

l'espoir, la catastrophe de Baylen leur montra le chemin de la victoire. Dès lors , ils entrevirent le salift de leur patrie ,. ils redoublèrent d'efforts , et confirmèrent cette vérité, qu'une nation qui veut se défendre ne peut être vaincue.

Jamais peuple ne fit tant pour son roi que les Espagnols pour Ferdinand: ils savent quelle récompense les attendait. Les Espagnols doivent

voir répondre à Tattente, on craignait Topiniott publîqtfe.; on cr.atgnait le blâme; on rejeta Ja faute sur rambilion de riempereur, et cette conquête qu'on avait désirée ne fut plus qu'une monstrueuse usurpation. Non seulement on se défen«

dit dje l'avoir conseillée y mais un dit qu'on avah fait tous ses

• , . .Il

effe)rt9 p6nr empêcher ïfapoléon de l'enlreprendre. . ' ^ L'Autricbe saisit le moMéxit où Fempereui* ëtkîf éiifopcé dans l'Espagne, potic faire ^es piîé^irâlifsde^gticrre.. Oh a cm que c'était ce motiifqui aVait détcrmifaé ?îapoié6n à revenir si vile à*Paris. On s'est trompé; Napoléon savait tout ciB qui se faisait en Autriche, mais H avait*Hi^*.q\ioi y parer, il étéitrCél^gar.d sans inquiétude^; lAais 6n ourdissait déH trames: ft Paris, lès ji}trlg^ti(s^'^taientnii»«tf ca'inpa^ai «k

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être un grand sn jetMe méditation pour les peuples, à qui lis ont donné deux leçons bien mémorables depuis Fi nvasion de la Péninsule.

Tout en leur rendant justice , il faut reïnarquer que leur résistance n'est pas due seulement à la force de leurs armes, et à leur courage ré^ fléchi. La disposition de leur pays, le climat, et le fanatisme religieux surtout , les ont mieux ser» vis que leur propre valeur. Si le fanatisme n'était jamais excité que pour la défense de la patrie, il perdrait ses couleurs hideuses.

Cependant si la guerre d'Espagne eât été lai seule affaire de Napoléon, il eût triomphé; mais il lui fallait désarmer le dernier homme, puisque tous voulaient combattre jusqu'au dernier soupir*

croyaient pouvoir faire alors ce qu'on a fait fn iSi^. Napo* léoQ reçut ces rapports à Yalladolid.' Il partit aussitôt pour Burgos et de là pour Paris. Il était aux Tuileries, qu*on le supposait encore sur les bords du Tage. Le palais Ail bieo*tôt rcnipli. Napoléon ^*adiessant au prince de ******** 4it x Prince de ******** ^ je sais à quoi vous vous occupez, je sais aussi que non seulement vous vous défendez d'avoir conseillé, la guerre d'Espagne , mais encore que vous répandez partout que TOUS avez tout fait pour m'en détourner. Maosicur» qorad on a des intérêts contraires aux miens ^ on ne dpitpa^ r^iter dans ma maison.....

Ces reproches ont été faits en pleine cour. Il doit rester encore beaucoup de témoins.

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Tandis qu'il anioocclait ses bataillons derrière les Pyrénées , un nouvel orage se forniait vers le Nord. La Russie voulait profiler de la dispersion de Tarmée française pour tenter un coup de main sur le midi de l'Europe et y établir sa prépondérance.

Cette nouvelle guerre eut une trop grande influence sur les destinées de la France et de l'Europe, pour ne pas en reçherdier les provocateurs. Partout où il y a un bouleverse-^ ment, on est certain de rencontrer les Anglais; nous les trouverons donc dans la guerre de Russie.

Long - temps avant la révolution française , l'Angleterre avait élevé des prétentions injustes sur les neutres en matière maritime. Il était reconnu en principe: !• que le pavillon couvre la marfchandise; 2* qu'un bâtiment neutre peut être visité par un bâtiment belligérant pour reconnaître le pavillon et le chargement , dans ce sens , qu'il n'est pas de contrebande ; S** que la contrebande est restreinte aux munitions dé guerre ; 4° que les bâtiments neutres peuvent être empêchés d'entrer dans une place assiégée , si le blocus est réel et qu'il y ait du danger à vouloir y pénétrer.

Mais lors de la guerre de rémancipation amé*

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