‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 17 sur 139 · LIV. II, CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIV. II, CHAP. IV

ricaine, les Anglais, qui voulaient ôter toute ressource aux insurgés , et s'indemniser sur les neutres des pertes qu'ils faisaient dans leurs colonies ^ prétendirent: i ^ que les marchandises propres à la construction des vaisseaux étaient de contrebande; a* que les bâtiments neutres ne pouvaient pas trafiquer d'un port ennemi à im port ennemi ; qu'ils pouvaient aller seulement d'un port ami à un port ennemi; 3" que les bâtiments neutres ne pouvaient pas naviguer de la colonie à la métropole ennemie ; 4*^ m^^ '^^ puissances neutres n'avaient pas le droit de faire convoyer , par des bâtiments de guerre , leurs bâtiments de commerce, etc., etc.

. Un convoi hollandais , escorté par des bâtiments de guerre , fut attaqué et pris par les Anglais* ]^évoltées de cet excès de mauvaise foi , la France, l'Espagne et la Hollande, qui commerçaient avec les États-Unis, firent alliance et déçlarèrent la guerre à l'Angleterre.

Les puissances du Nord, la Russie, la Suède et le Danemarck se constituèrent en neutralité armée pour résister aux injustes prétentions de l'Angleterre. Elles déclarèrent qu'elles feraient la guerre à celles des parties belligérantes qui violeraient ces principes : i"* que le pavillon couvre la marchandise , excepté la contrebande ;

4^ fNAPOLÉOK ET l'bITROPE.

2* que la visite d'un bâtiment neutre par un bâtiment de guerre doit se faire avec tous les égards possibles ; 3* que les mimitions de guerre seulement sont objets de contrebande ; 4"* qii*e abaque puissance a le droit de convoyer les bâtiments marchands , et que , dans ce cas , la déclaration du commandant du bâtiment est sufiÇsante pour justifier le pavillon et la cargai*

^ son des navires convoyés; .5^ qu'un port n'est bloqué par une escadre que lorsqu'il y a danger évident d'y entrer, etc., etc.

Toutes les puissances adhérèrent à ces principes , l'Angleterre seule témoigna son mécontentement; mais , comme à cette époque elle ne pouvait pas braver toutes les puissances maritimes , force lui fut de céder.

Lorsque , après la prise de Toulon , la marine française fut anéantie, l'Angleterre, se sentant la plus forte, fit revivre ses prétentions ; elle les fit admettre par le gouvernement américain , avec lequel elle venait de conclure la paix : mais les puissances neutres de l'Europe , notamment la Russie , la Suède et le Danemarck , tinrent plus que jamais aux principes sur lesquels elles avaient basé leur union.

' Déjà les Anglais avaient attaqué la marine suédoise , lorsque les malheurs de l'escadre fran*

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çaise à Aboukir enflèrent leur orgueil ; ils ne respectèrent plus rien*

Paul I*' avait succédé à rimpératrice Catherine. Aussitôt que ce prince eut appris l'entrée de la flotte anglaise dans la Baltique , il fit mettre le séquestre sur tous les bâtiments anglais* qui se trouvaient dans ses ports.

Cependant Napoléon , nommé premier consul de la république française, signa un traité de paix avec les États-Unis d'Amérique, et ne tarda paij à mettre l'empereur de Russie dans ses intérêts. Ce prince avait juré une haine éternelle à la révolutioiffrançaîse,raaîs Parmée qu'il avait envoyée au secours de la coalition fut dispersée et prise en partie. Il se plaignit amèrement des puissances alliées : il avait raison, car elles l'avaient mal secondé: Le premier consul , qui avait déjà frappé l'imagination du czar en lui envoyant l'épée que le pape avait donnée à l'Isle- Adam pour sa défense de Rhodes contre les infidèles, le subjugua tout-à-fait, en lui renvoyant habillés et armés dix mille prisonniers russes qui étaient en France, et que les Autrichiens et les Anglais avaient refusé d'échanger.

Paul, enihousiasmé du premier consul , lui écrivît une lettre où l'on remarque ce passage : t Je vous écris poiu* vous kAte connaître le mé* .

44 WAPOLIÉOW ET l'bDROPE.

1 contentement que j'ai contre l'Angleterre , qui » viole 'tous les droits des nations, et qui n'est «jamais guidée que par son égoïsme et son inïtérêt. Je veux m'unir à vous pour mettre un 1 terme aux, injustices de ce gouvernement. »

Il ordbnna, par un ukase du 1 7 novembre iSoo, que toutes les marchandises anglaises qui étaient arrêtées par suite de l'embargo mis sur les navires de cette nation fussent réunies et vendues pour liquider ce qui serait dû aux Russes par les Anglais. Les équipages des bâtiments furent considérés comme prisonniers de guerre , et envoyés dans l'intérieur de l'empire.

U^e nouvelle convention fut signée entre la Russie, la Suède et le Danemarck, pour soutenir les droits de la neutralité ; la Prusse y adhéra.

De son côté, le gouvernement anglais ordonna la course sur tous les bâtiments russes, et mit embargo général sur tous les bâtiments appartenants aux puissances signataires de la convention.

11 ne tarda pas à mettre une flotte à la voile : elle se dirigea sur le Sund; les Suédois la laissèrent passer. Elle vint attaquer Copenhague ; et le Danemarck signa un armistice.

: Ce premier succès de l'Angleterre était loin d'assurer son triomphe ; les flottes russes et sué-

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