LIV. II,.CHAP. IV
doises s'armaient avec activité , elles étaient formidables , et tout annonçait une guerre sanglante, dont le résultat était inconnu.
L'empereur Paul ne voulait pas se borner à faire la guerre à l'Angleterre avec ses vaisseaux , il voulait attaquer cette puissance au cœur en lui enlevant la source de son commerce et de ses richesses. C'était aux Indes qu'il voulait frapper le grand coup. Napoléon lui avait donné cette idée, et les deux puissances voulaient concourir à l'expédition, qui devait se faire par terre.
Paul n'était pas homme à abandonner ses alliés. L'Angleterre le savait bien ; elle savait bien aussi qu'une victoire navale ne la sauverait pas, qu'un danger plus imminent la menaçait.
Paul allié avec le premier consul était trop
redoutable pour elle , Paul fut assassiné ; Alexandre lui succéda; et la paix fut signée entre la
Russie et l'Angleterre.
Depuis cette époque, la Russie a saisi toutes les occasions de faire la guerre à la France, et l'on peut dire que le cabinet de Saint-Pétersbourg et le cabinet de Saint-James ont toujours été d'intelligence. Si Alexandre s'est éloigné de l'Angleterre, c'est lorsque ses armées étaient battues, ce qui arriva à peu près toutes les fois qu'elles se mesurèrent avec les Français. .
46 wAPOL^oir ET l'etjrope.
La Russie, forcée pour la troisième fois de dépofler les armes, avaitadopté lesystème continental; mais j lorsque Napoléon fut au milieu de l'Espa-^ gne, elle crut pouvoir rompre le traité. La politique anglaise s'était introduite de nouveau à Péters* bourg et voulait y reprendre la place qu'elle occupait après l'assassinat de Paul P': elle réussît. Le système continental fut violé. La Russie demanda une indemnité pour le duc d'Oldenbourg, indenmité que Napoléon avait précédemment offerte; elle demanda, comme condition sine quâ /zo/2 du maintien de la paix , que les troupes françaises évacuassent la Prusse et se re* tirassent derrière l'Elbe. Elle appuya ses prétentions par un rassemblement de troupes sur les . frontières du duché de Varsovie; Napoléon dut pourvoir à sa défense, et forma une armée dans le nord de l'Allemagne ; Alexandre fit marcher une seconde armée en Pologne *.
Napoléon était dépositaire de l'honneur français, il ne devait pas souffrir qu'il fût blessé; la France (ftiilleurs n'était pas dans une position à recevoir la loi d'un ennemi tant de fois vaincu.
Tous les princes de l'Allemagne marchèrent
' Yoyez*le8 pièces diplpmatiquei*
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avec l'empereur ; cette fois ils entendaient leurs intérêts : la paix de l'Europe était en Russie, comme la paix du globe est en Angleterr e. Toutefois , et quoiqu'il fût assuré de la victoire, Napoléon arrivé aux avant-postes envoya des paroles de paix à Alexandre ; l'ambassadeur ne fut pas reçu; les hostilités commencèrent.
L'armée russe fut coupée , culbutée dans toutes les rencontres, et vaincue sur les rives de la Moskowa ; l'ancienne demeure des czars fut occupée par l'armée française. Dans celte campagne Napoléon n'a point été au-dessous^ de lui-même. Avant de passer le Niémen , il avait marqué sa raarche sur Moskow , et il atteignit Moskow. Ses dispositions pour le combat furent celles de Marengo , d'Austerlitz , d'Iena et de Wagram. Gomme à ces jours de gloire il combina les mouvements de ses colonnes, et fixa la victoire* Mille boucher, que n'a pas souillées le mensonge, attesteront ces hauts faits, et les transmettront à h postérité , malgré les libellistes et ces hommes qui ne doivent pas leur illustration à leurs ser-* vices.
48 iTAPOLÉoir ET l'europe.