LIV. Il y CHAP. f. ' S
voulait reprendre les armes; la Prusse» dis-je, parla en maître » elle demanda :
1 1^ Que les troupes françaises, qu'aucun titre » fondé n appelle en Allemagne, repassent inces- » samment le Rhin, en commençant leur marche 9 du jour même où le roi se promet la réponse
• de l'empereur, et en la poursuivant sans s'arré» » ter; car leur retraite instante complète est , dans
l'état où sont les choses , le seul gage de sûreté que le roi puisse admettre.
» 2* Quil ne sera plus mis, de la part de la 1 France , aucun obstacle quelconque à la forma- » tion de la ligue du Nord , qui embrassera sans » exception tous les états nommés dans* l'acte » fondamental de la confédération du Rhin.
» 5* Qu'il s'ouvrira sans délai une négociation » pour fixer enfin d'une manière durable tous les « » intérêts qui sont encore en litige, et que pour »Ia Prusse les bases préliminaires en seront la 1 séparation de Wésel de l'empire français, et la préoccupation des trois abbayes par les troupes » prussiennes. »
L'empereur répondît au roi de Prusse :
« Votre majesté m'a donné rendez-vous , en
• bon ' chevalier je lui ai tenu parole. Je suis au 1 milieu de la Saxe. Qu'elle m'en croie, j'ai des » forces telles , que ses forces ne peuvent balan*
4 IIAPOLÈOIT BT t EUROPE.
cer long-temps la victoire. Mais pourquoi ré^ pandre tant de sang? A quel but? Je tiendrai à votre majesté le même langage que j'ai tenu à l'empereur Alexandre deux jours avant la ba« taille d'Austerlitz. Fasse le qiel que les hommes vendus ou fanatisés, plus ennemis d'elle et de son règne qu'ils ne le sont du mien et de ma nation, ne lui donnent pas le même conseil pour la faire arriver au même résultat. Sire , j'ai été l'ami de votre majesté pendant six ans; je ne veux pas profiter de l'espèce de vertige qui anime ses conseils, et qui lui a fait commettre des erreurs politiques dont toute l'Europe est encore étonnée, et des erreurs mili-' taires de Vénormité desquelles toute V Europe ne tardera pa^ à retentir. Si elle m'eût demandé par sa note des choses possibles , je les lui aurais accordées : elle a demandé mon déshonneur; elle devait être certaine de ma réponse. La guerre est donc déclarée entre nous , l'alliance est rompue pour jamais. Mais pourquoi faire égorger nos sujets? Je ne prise point une i^ictoire qui sera achetée par la yie d'un bon nombre
de mes enfants Sire, votre majestiî sera
vaincue; elle aura compromis le repos de ses jours, l'existence de ses sujets, sans l'ombre d'un prétexte : elle est aujourd'hui intacte, et