‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 20 sur 139 · LIV. II, CHAP. V · texte numérisé non relu

LIV. II, CHAP. V

en Russie , comme on savait qu'il fait chaud en Egypte : mais les sables du désert ne s'étaient pas élevés sur l'armée française ; on ne savait pas que toutes les neiges du nor J tomberaient pour l'engloutir.

Toutefois l'empereur fit une faute ; il resta trop ou trop peu de temps à Moskow. Il devait ou s'y établir pour l'hiver , ou revenir de suite sur la Pologne. Mais, de ces deux partis, le plus sage était la retraite. Un séjour prolongé à Moskow, au milieu de l'hiver, pouvait avoir de graves inconvénients. Les communications eussent été infailliblement interceptées , ou d'une extrême difficulté. La France eût été inquiète , agitée peut-être , et l'Allemagne se fût sans doute décidée à faire alors ce qu'elle a fait plus tard. Cependant ce ne sont là que des con* jectures.

Le séjour ou le départ devaient être décides le lendemain de l'occupation de Moskow, lorsque Ton vit les flammes dévorer cette capitale.

Napoléon comptait sur la paix , ou il craignait de faire un pas rétrograde ; mais il pouvait die* ter la paix sur le Niémen avec une armée prête à rentrer en campagne. Mais ce n'était point une retraite humiliante que de manœuvrer après la victoire pour venir camper. Le temps qu'il a

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perdu à Moskow Peut ramené à Wilna , où de nobles occupations pouvaient l'attendre : c'était de rendre à la Pologne son rang parmi les nations \ Napoléon séjourna lorsqu'il fallait partir, et partit lorsqu'il fallait demeurer. Un hiver précoce , et d'une rigueur inconnue , même dans ces âpres climats, le surprit au milieu de sa marche. Un ciel de neige s'abaissa sur la terre, et n'offrît de passage qu'aux vents glacés du

' pôle. Le courage fut inutile ; il ne s'agissait plus de combattre les hommes , il fallut céder aux éléments. Ainsi périrent ces illustres vétérans de la gloire française , que les foudres de la guerre

' avaient tant de fois épargnés.

> Il ne faut pas croire cependant queNapolëon pouvait de prime-abord reconstituer le royaume de Pologne; il avait garanti , par les traités d^alliance de février et mars 1812 ,rintégrité du^territoire de l'Autriclie et de la Prusse qui possédaient des portions détachées de la Pologne.

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