LIV. Il, CHi.P. VI
Le fils n'est sans doute pas plus étranger à la patrie que le père ; les obligations imposées au père pèsent sur le fils; or Ferdinand VII, qui, descend de Philippe V, petit-fiis de Louis XIY/ serait-i} soumis à notre code pénal, si l'Espagne faisait la guerre à la France ? Si . Oscar devient roi de Suède, devrait-il être puni de mort s'il était pris combattant contre l'ancienne patrie de son père?
Dirait<>n aiix paiples : « Telles sont nos lois ; elles pxmissèttt tout Français prb les armes k la main , encore bien qu'il soit naturalisé en pays étranger. C'était à vous de ne pas prendre un Français poui* vous gouverner? s Les peuples xé- • pondraient : .4 Mais si vous nous l'imposa vous-r même, ce Français, devronâ*no«is eu BOuSrir plus tard ? viendrez-vous nous faire la guerre , parcequë vous'houà aurez ddnhé' un cheif que voUjS saviç;z;,ne pouvoir pas npuj défiçndrePçe serait un.^et^pen& » Voilà eepeinlantice que la Suède devrait dire à la France» si la guerre éclatait entre ces deux pays , ek que Tori fît 1 application des lois à Bernadotte ; car Bernadûtte û. été rimp(96é à . la Suède par VascendanI que la France eterçait en Europe. Certes, aujourd'hui que la Suède est ïibre, elle ne îechoisirait pas. . ,
5Ô jXAPohÉoif ET l'êbAûpe.
Ce n'est donc pas parceque Bernadette prit les armes, qu'il est coupable, mais. par les motifs qui l'ont décidé. La Suède n'était pour rien dans la querelle qu'il s'agissait de vider. L'empereur, tout-puissant , l'avait respectée , protégée même ; malheureux, elle devait le soutenir ou du moins rester neutre. Ce n'était d'ailleurs pas un artcien maréchal de l'empire que l'on devait trouver dans les rangs ennemis : l'honneur même lui ordonnait de prendre parti pour son bienfaiteur ; car Bernadotte a beau dire, il doit tout à Napoléon^ et ses titres , et ses dignités , et le rang qu'il occupe".
Après les désastres de Moscou, le bruit de la chute de l'empereur se répandit : les jaloux accoururent , chacun voulut donner son coup de
* U £aiut rem^jrquer qu'îci.comme ailleurs, si je p^i^le libreinent de Berjaadotte , c'est que je distingue l'homme du souverain. Je m^adresse donc à Bernadotte, Français, et non à Charles-Jean , roi de Suéde. Je désire que Ton n'oublie pas cette observation.
Sans examiner quelle e'tait la position ^e Bernadotte vis-à^ Yis des puissances voisines , position dont il pouvait s affrancfair de mille manières, fiernadotte n*a été mtï que'p'atr.l*itlgr&titude et la jalousie. Mais s'il était ingrat , s'il itait jalouk de son ancien maître à ce point de lui vo^loir -du ma^^^ il dcrvait se ressouvenir que la France était sa patrie. Il s'allia avec ses ennemis les plus acharnés; voilà ce qui lui sera éternellement reproche'. . • , *
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pied ; le prince royal ne fut pas le dernier. Moreau aussi vint à la curée , Moreau qui avait excité tant d'intérêt lorsqu'on le croyait innocent.
Cependant Napoléon reparut , c'était le réveil du lion ; il écrasa l'ennemi à Lutzen , à Bautzen. La coalition effrayée recourut à l'Autriche. François II proposa sa médiation ; Napoléon l'accepta. Un armistice fut signé, et un congrès s'ouvrit à Prague pour traiter de la paix. Le but dés alliés était de réparer leurs forces et de se réorganiser pour rentrer en lice aussitôt la rupture du congrès, qu'ils savaient ne devoir produire aucun résultat. Déjà l'Autriche armait, et méditait sa défection ; les liens de famille ne la retinrent pas. On vit un père se joindre à ses ennemis naturels pour détrôner sa fille. Ainsi Napoléon ne gagna à l'armistice qu'uti ennemi de plus , dans la personne de son beau-père.
Les hostilités recommencèrent : malgré l'énorme infériorité de son armée , l'empereur Napoléon battit Fennemi à Dresde , et lui eût encore dicté des lois si les échecs éprouvés par ses lieutenants à Gro;5s " Beeren , à Kulm , sur la Kalzbach , ne l'eussent déterminé à se rapprocher du Rhin.
Napoléon s'arrêta devant Leipsick , où il eut
6o NAPOLEON ET l'eUROPE.
à soutenir le choc de toute Tarmée coalisée ; il la battit pendant deux jours, pendant deux jours il resta^ maître du champ de bataille : mais Bernadotte survint , il pénétra dans nos lignes ; une affreuse canonnade annonça sa présence.
Dans ce moment, l'armée saxonne et la cavalerie wurtembergeoise désertent nos rangs ; douze mille hommes et quarante pièces de canon , qui devaient faire face à l'ennemi , tirent sur nos colonnes \
Il fallut ordonner la retraite: d'ailleurs l'armée avait épuisé ses munitions; on ne pouvait se réapprovisionner qu'à Magdebourg et à Erfurt ; c'est donc la route d'Erfurt que l'on va prendre poiir se rapprocher du Rhin. Napoléon fit ses adieux au roi de Saxe, mais il laissa dans Leipsiqk une arrière-garde pour protéger sa retraite. Les Badois livrèrent aux Autrichiens la porte dont la garde leur était confiée; les Saxons qui étaient
> Bernadotte fit inviter par le général de Witt le commandant des batteries saxonnes à lui rendre le service de faire usage de son artillerie jusqu'à l'arrivée de. la sienne...
Ce commandant dit : Messieurs y je viens de brûler la moitié de mes munitions contre vous , maintenant je vais tirer le reste contre les Français... Les généraux. russes et suédois qui se trouvaient là ne purent cacher leur indignation.