‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 23 sur 139 · LIV. Il, CHAP. VI. 6l · texte numérisé non relu

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sur les remparts tirèrent sur nos soldats, et comme si ce n'était pas assez que ces atroces défections, le pont de TElster fut rompu trop tôt. Alors toute retraite fut interdite aux Français, mais leur courage n'en fut point ébranlé; ils combattirent jusqu'à extinction , et lorsque, mutilés, les armes tombèrent de leurs mains, ils cherchèrent la mort dans les ^lots , plutôt que de fléchir sous des traîtres. Là périt le prince Poniatowski , dernier espoir des Polonais.

Tandis que l'armée française était si lâchement trahie à Leipsick, les Bavarois consommaient aussi leur défection. Réunis aux Autrichiens , ils se portèrent à marches forcées sur nos derrières , dans l'espérance de nous couper toute retraite ; mais ils reçurent le prix de leur audace et de leur félonie: atteints par les Français près de Hanau , ils y furent écrasés.

La bataille da Hanau fut la dernière que livra la grande armée de l'autre côté du Rhin. Elle se retira sur la rive gauche de ce fleuve. Les alliés s'établirent sur la rive droite. Malgré l'immeiise supériorité numérique de leurs troupes, ils n'osèrent pourtant pas franchir cette barrière qui pouvait se refermer sur eux. Cette fois ils se croyaient réduits à leurs propres forces ; ils n'espéraient plus rien des défections : ils se trompaient.

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On ne prétendra sans doute pas que les succès des coalisés sont dus à la supériorité de leurs talents et de leur bravoure. Les faits sont là pour attester le contraire. Sans la rigueur du temps , les Russes n'eussent jamais fait reculer les Français; sans la défection de la Prusse , et la coopératio n de U Suède, les armées russes n'eussent pas osé fran-» chir la Wistule. Après Lutzen et Bautzen, les rois battus par Napoléon retournaient chacun chez soi , si François II ne les eût secourus. Malgré ce nouvel allié , ils furent écrasés devant Dresde; à Leipsick, la victoire était aux Français, lorsque les troupes de la confédération se tournèrent contre eux, et lorsque, pour appuyer cette lâcheté , Bernadotte dirigea sur les colonnes . abandonnées une batterie à la congrève. Après ces trahisons, inconnues jusque là. Napoléon était encore maître de ses mouvements , lorsque les Bavarois se portèrent sur ses derrières. Ren-très sur le territoire sacré de la patrie, les Fran* çais furent partout vainqueurs ; et5'ils déposèrent les armes , c'est que de nouvelles trahisons , plus odieuses encore que les premières, vinrent enchaîner leur courage*

Toutefois on a reproché à Napoléon d'avoir inutilisé une portion considérable de ses vieilles tifoupes, en les renfermant dans des places fortes.

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