‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 27 sur 139 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

La défection du maréchal Marmont ayant oté à l'empereur tout espoir de délivrer Paris, il ne lui restait plus qu'à chercher une position où il pût reformer son armée. Les pays envahis s'étaient déjà armés partiellement , un soulèvement en masse n'était pas éloigné. L'empereur pouvait donc encore entretenir la guerre , et forcer l'ennemi de repasser le Rhin ; mais il préféra la p^ix aux maux que pouvait causer une guerre de désespoir.

Après Marengo, après Austerlitz, après léna et Frîedland , après Wagram, les empereurs d'Autriche et de Russie , et le roi de Prusse, vaincus, sollicitèrent la paix ; Napoléon l'accorda. Il était fort j il fut généreux, il fut clément: c'est la vertu des grandes âmes. Mais lorsque des événements au-dessus de la prévoyance humaine l'eurent accablé, il ne trouva que des ennenois, même après qu'il fut désarmé.

Malheureusement pour Napoléon, il n'avait personne qui fît ressouvenir les rois de ce qu'il

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avait (ait pour eux, et demandât une seule fois pour lui ce que tant de lois il leur avait donné. On avait forcé Hnipératriee de s'éloigner , lors qu'elle voulait avec son fils se mettre à la tête de cent mille hommes répandus sur les boulevards y et qui demandaient des armes. Ceux qui entraînaient Firapératrice, et s'opposaient à ce qu'une armée sortît des barrières, n'avaient placé que dix piècies de canon sur les Hauteurs qui dominent Paris; il» laissaient manquer la troupe de cartouches, quand il y en avait, au Champ^de- Mars , des millions abandonnées au pillage. Il est vrai que Fempereur avait ordonné le départ de Fimpératrîce et du roi de Rome; nïâis l'exécution de ces ordres dépendait des circdnstances; si l'empereur voulait éviter que sa femme et son fils tombassent au pouvoir des alliés , il ne pouvait vouloir qu'on les éloignât des souverains , au moment où ils allaient prononcer sur le sort de la France. Nul doute que si Fîmpératrice fôt restée à Paris, elle ne Feût emporté sur des ennemis personnels.

Les alliés entrerait à Fans le Simars t8i4* Le vice - grand électem* , prince de Bénévcnt, convoqua aussitôt le sénat, qui, dés le lendemain 1*' avril, établit un gouvernement provisoire composé de Ixàf prince de Bèsévesty éM tféna-

tears Beurnonville et Jaucourt, du duc de Dalberg , et de M. de Monti^quioU.

Ce gouvernenient nomma le général Dessoles commandant en chef de la garde nationale de Paris , et, le même jour, il adressa une proclamation à l'armée , dans laquelle il dit : f Vous n'êtes »plus les soldats de Napoléon; le sénat et la > France entière vous dégagent de vos serments. »

Il nomma le général Dupont ministre de la guerre, le baron Louis ministre des finances, Bourienne à la direction des postes , et le baron de Pradt, archevêque de Malines, à la grande chancellerie de la légion d'honneur'.

Le sénat décréta que « Napoléon Bonaparte • est déchu du trône, et le droit d'hérédité, éta- 9 bli dans sa famille , aboli; » que « le peuple^a/ij^ (ais et r armée sont déliés du serment de fidé- » lité envers Napoléon Bonaparte. »

Le corps législatif , adhérant à l'acte du sénar, < reconnaît et déclare la déchéance de Napoléon » Bonaparte et des membres de sa famille. »

Le sénat et le corps législatif n'avaient pas le droit de détruire l'empire ; ils n'avaient pas le droit de changer la forme du gouvernement que la nation avait adoptée. Ils tenaient leurs pou-

* Tous ces messieurs avaient i\i disgracia*

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