‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 41 sur 139 · IIV. II, CHAP. VIIl. l · texte numérisé non relu

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avec elle. » £t ce sont ces hommes qui sont armés pour la paix de l'Europe ? qui crient à l'usurpation , à Tin justice ? Quels pacificateurs , et quelle moralité!

C'est maintenant de TAutriche que je vais m'entretenir. D'abord il faut que l'on sache que Napoléon a épousé une archiduchesse d'Autriche , fille de l'empereur régnant , François II , et ceci n'est peut-être pas une naïveté.

Les nouvelles de Russie ne furent pas plus tôt parvenues à, Vienne , qu'on y prit une attitude hostile contre la France. C'était tout simple, on croyait la Francfe abattue, le cabinet autrichieil tirait son épée; il la remettra dans le fourreau lorsque la supériorité de la France se rétablira, pour la tirer encore dans l'occasion.

Si l'Autriche abandonnait l'alliance, disait-on, si elle prenait un autre parti, elle verrait en peu de temps plus de cinquante millions d'hommes de son côté ; toute l'Allemagne , toute l'Italie se déclarerait pour elle.

Tel était le langage des diplomates autrichiens, poussés par les agents de l'Angleterre , qui , prodigues de guinées et de promesses, offraient à l'Autriche, pour l'attirer dans les rangs alliés ^ 10,000,000 sterling, l'Italie, l'IUyrie, la suprématie de l'Allemagne, et le rétablissement de

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rancienne splendeur de la couronne impériale.

La désaffection continue de gagner l'Autriche, et, sous le prétexte d'avertir l'ambassadeur de France des trames qui sont ourdies par une faction ennemie , ce sont ses propres dispositions qu'elle fait connaître. La France n'a plus d'armée , il serait absurde que l'Autriche voulût soutenir toute seule la guerre contre le colosse russe. La cour de Berlin est hors d'état de pouvoir continuer ses armements; la Bavière, le duché de Varsovie et la Saxe sont épuisés d'hommes et d'argent ; le nord de l'Allemagne est prêt à arborer l'étendard de la révolte; en conséquence il est indispensable de rappeler le corps auxiliaire, de changer de système , et de profiter d'un moment aussi favorable pour reprendre les provinces perdues ; enfin la France elle-même est à la veille d'une grande révolution , et le moment est arrivé de rendre aux peuples leurs anciennes lois et leur indépendance. Ceci se passait à la fin de 1812. Mais Napoléon est à Paris, il a recréé ses forces ; l'Autriche le sait : la scène va changer.

M. de Bubna part pour Paris ; il va porter une lettre de son souverain à l'empereur Napoléon : c'est une lettre amicale ; le gouvernement autrichien a eu assez de fermeté pour maintenir le système d'alliance. Il a mobilisé les troupes de la

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