LIV. II, CHAP. VIII. i5g
mais une convention unanime des puissances- de r Europe de maintenir solidairement la paix ^ et de ne se mêler en aucune manière dans les diS" eussions qui pourront subsister entre la France et V Angleterre. M. de Wessemberg se gardera de menacer le ministère anglais , mais il laissera entrevoir très vaguement que cette pa^cification générale pourra être suivie de V exclusion totale du commerce anglais.
L'Autriche applaudit aux bases proposées par l'empereur pour la paix de la Russie et pour celle de l'Angleterre; elle les trouve, très généreuses , mais elle le prie instamment de ne p^s eo parler et de la laisser faire : elle prendra sur elle toute la responsabilité.
M. de Metternich envoie M. de Lebzeltern auprès de l'empereur Alexandre : il ne lui donne d'autres instructions que de parler de paix , et d'écouter; il se bornera à faire sentir que, dans le cas d'une nouvelle campagne, les Russes pourraient perdre leurs avantages actuels et obtenir une paix moins honorable. Si on lui parle des engagements pris avec l'Angleterre, la Russie ayant déclaré être trop engagée avec l'Angleterre pour traiter sans elle^ M. de Lebzeltern dira que TAutriche a prévu ces embarras et qu'elle a déjà envoyé un agent à Londres.
M. de Metternich annonce que le plénipotentiaire russe , M. de Stakelberg , lui a fait demander une entrevue secrète ; que cet envoyé avait d'abord élevé le ton ; mais que lui , M. de Metternich , l'avait fait revenir de son exaltation, et qu'alors M. de Stakelberg avait avoué que sa cour était disposée à entamer des négociations pour la paix. C'est un grand pas , dit le ministre autrichien à l'ambassadeur français, que cette première démarche de la Russie. Comptez sur nous: nous ne lâcherons rien , absolument rien j car nous y sommes pour le moins aussi intéressés que vous. Tout dépend de notre attitude. L'empereur a ordonné de mobiliser cent mille hommes , y compris le corps auxiliaire. En ajoutant trente mille hommes à ce corps, nous irions audelà des obligations de notre traité, et nous autoriserions la Russie à refuser notre intervention. Jusqu'ici la guerre n'est pas autrichienne : si elle le devient dans la suite , ce n'est pas avec trente mille hommes , mais auec toutes les forces de la monarchie^ que nous attaquerons les Russes,
L'Autriche continue de tenir le même langage, soit à Paris , soit à Vienne. Napoléon ne pouvait qu'approuver ; aussi les dépêches de M. de Bubna donnent-elles toujours lieu à des compliments ,
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