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à des protestations et à des promesses de la part du ministère autrichien.
Jamais la France n'avait été plus fondée à croire à la fidélité de l'Autriche et à ses bonnes intentions. M. de Metternich disait à lambassadeur de France : « Votre alliance avec la Russie était
» monstrueuse La nôtre se fonde sur les rap-
» ports et les intéj^éts les plus naturels , les plus » permanents , les plus essentiellement salutaires ; felle doit être éternelle , comme les besoins qui » Font fait naître. C'est nous qui rations recher- » ckée , et nous avons bien réfléchi avant que de >la conclure. Si nous avions à la refaire , nous » ne voudrions pas la minuter autrement qu'elle » n'est : nous la voulons tout entière^ elle nous • mènera à la paix, elle servira dans la suite
)à la consolider Le prince de Schwartzen-
» berg, arrivé de l'armée , va partir de suite poiir » Paris , dans le double objet de faire connaître à »sa majesté la position actuelle des choses, et » de donner à l'Europe une preuve éclatante des «dispositions de l'Autriche, en faisant paraître »à la cour de France le commandant du corps 1^ auxiliaire , se rendant près de son chef pour éprendre ses ordres. »
Cependant l'Autriche a mobilisé soixante-dix
mille hommes en Gallicie et dans la Buckowiné; II. Il
l62 WÀPOLÉOK ET l'eTJROPE.
elle s'occupe du recrutement de toutes ses armées. Un ordre du cabinet a paru à ce sujet; mais le ministre rassure la France sur cet armement, et démontre qu'il produira un très bon effet en Russie et en Angleterre. Revenant ensuite à l'alliance, M. de Metternich dit qu'elle est inébranlable, qu'il ne cherchait qu'à établir de plus en plus une confiance et un accord complets entre les deux cabinets; il donne des explications sur l'idée d'une médiation armée que MM. de BubnaetFloret avaient pu mettre en avant; qu'on leur avait défendu d'employer ce mol de média^ tiorij dont on connaissait parfaitement la valeur dans le cabinet de Vienne, mais qui n'y avait jamais été prononcé ; qu'il ne s'agissait au con*traire que d'une intervention, de l'intervention d'un allié qui , fatigué des embarras de la guerre, aspire à en accélérer le terme; que l'idée d'une médiation armée serait entièrement vide de sens à l'égard de l'Angleterre.
« M. de Metternich revient encore sur l'alliance, et répète, pour la centième fois, que cette alliance est tellement nécessaire, que si la France la rompait aujourd'hui , l'Autriche proposerait demain de la rétablir absolument dans Jes mêmes conditions. Nous voulons être utiles à la France dans ce moment, ajoute-t-il,/?a/'cejri^e dctns un
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autre temps elle pourra nous rendre le même service. »
Enfin M. de Metternich a reçu les dépêches de l'empereur Alexandre. « La Russie accepte non seulement le plénipotentiaire de rAutriche , mais encore son intervention pour la paix. L'empereur de Russie regrette que l'AutricKe n'ait pas voulu profiter de cette circonstance favorable pour recouvrer ses pertes , mais il respecte ses motifs ; il n'a d'autre but que le rétablissement de la tranquillité de l'Europe et la conclusion d'une paix générale. Le système politique de l'Autriche étant définitivement fixé, la Russie ne se permettra aucune démarche pour l'en détourner. »
Les paroles de M. de Metternich à l'ambassadeur de France à Vienne sont répétées par M. Bubna et par le prince de Schwartzeuberg, à Paris , au ministre des relations extérieures et à l'empereur Napoléon lui-même.
L'Autriche persiste dans son alliance avec la France, sa fidélité est inébranlable. Napoléon veut la paix , l'Autriche la veut aussi. Napoléon fait part de ses vues à son beau- père; il le charge de fintervéntion. L'empereur François accepte avec empressement ; il trouve les propositions de Napoléon généreuses; il va s'occuper de la paci-
l64 NAPOLÉON ET l'eUKOPE.
fication, seul; il ne veut pas que la France paraisse, il prend tout sur sa responsabilité. Il se hâte d'envoyeràLondres, à l'empereur de Russie, à la Prusse même, lorsqu'elle s'est jetée dans les rangs alliés. Le corps auxiliaire autrichien sera toujours aux ordres de Napoléon. Le commandant de ce corps se rend à Paris pour prendre les ordres de son chef. L'Autriche arme, mais c'est pour donner plus de poids à son intervention, car la guerre n'est pas autrichienne; et si elle le devenait , ce serait contre les Russes que marcheraient toutes les forces de la monarchie. Telle fut l'attitude de l'Autriche jusqu'à la fin du mois d'avril 181 3.
* Cependant le corps auxiliaire autrichien a laissé aux Russes le duché de Varsovie, et s'est retiré sur la Bohême: les Polonais ont été obligés de faire leur retraite.
L'Autriche était déjà réunie de principes auec les puissances alliées auant même que les traités eussent consacré leur union *.
Ainsi tandis que l'Autriche protestait de son attachement à l'alliance et à la cause de la France, elle était unie de principes avec les ennemis de la France et faisait tous ses efforts pour entraîner
' Expression de sa déclaratioa de guerre.
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avec elle les autres princes de l'Allemagne, et pour se ménager des points d'appui même au milieu de l'armée française. C'est de la sorte qu'elle parvint, dans un moment de crise, à obtenir du roi de Saxe que la place de Torgau ne serait pas laissée à la disposition des Français.
Toutes les forces de la monarchie ne marcheront plus contre les Russes; il n'est plus question des cent mille hommes mobilisés, ni de l'armée de Gallicie qui devait soutenir les Français; le contingent même ne sera plus fourni : ^t c'est le 20 avril que cet étrange aveu est fait à l'ambassadeur de France, à Vienne, tandis que le 22 encore, M. de Schwartzenberg assurait, à Paris, que l'alliance était plus affermie que jamais. L'Autriche avait donc brusquement chan'gé' de système? Non, elle étai* depuis long-temps d'accord avec les alliés; seulement elle s'était laissé pénétrer : alors elle devait avouer ce qu'elle pensait que Ton pouvait deviner , mais elle avait garde d'aller au-delà.
Ainsi l'Autriche retire son contingent; elle renonce à V intervention y elle prend l'attitude d'une médiation armée, et désormais elle pe peut participer à la guerre dans là qualité de puissance simplement auxiliaire , c'est-à-dire qu'elle marchera avec toutes ses forces , non pas contera
l66 NAPOLEON ET l'euROPE.
les Russes, comme on pourrait le penser, mais • contre les Français. Cependant l'Autriche charge son ambassadeur d'ajouter à sa déclaration, que cette démarche ne préjugeait en rien les bases de V alliance ai^ec la France.
DEUXIEME EPOQDE.
L'évacuation du duché de Varsovie , et la retraite forcée du corps polonais , laissaient l'aile gauche de l'armée alliée libre de tous ses mouvements, et devait ainsi augmenter ses forcfes sur le champ de bataille de plus de soixante mille hommes.
Après la victoire de Lutzen, la retraite des Russes devait se faire sur Berlin; mais ils s'appuyèrent sur les frontièi^es de la Bohême , ce qui était une preuve de leur intelligence avec l'Autriche : car, malgré le corps de Barclay de ToUy qui arrivait dans cette direction , ils devaient être anéantis si l'Autriche se fût jointe à la France , ou seulement fut restée neutre.
Le roi de Saxe , rentré à Dresde , donna des inquiétudes sur les dispositions du cabinet autrichien; mais il n'apprit rien de nouveau. L'on savait déjà que l'Autriche avait fait des démarches