LIV. II, CHAP. VIIJ
»dans un acte diplomatique, l'empereur d'Au- » triche n'a aucune difficulté de se prêter à cette » demande. Le ministre déclare en conséquence : » r" qu'ayant la persuasion qu'il n'y lavait pas 1» opposition entre le traité du i4 mars et la mé- » diation de l'Autriche , il est autorisé à convenir • avec le gouvernement français d'une réserve «expresse, à Tégard de celles de ces stipulations » qui s'en trouveraient affectées ; 2** que l'Au- » triche ne se refuse aucunement à passer une » convention relativement à l'offre et à Faccepta- »tion de la médiation autrichienne; 3* qu'il est > chargé et muni des pleins-pouvoirs nécessaires. »
L'accord paraissant ainsi fait sur l'alliance , le ministre de France s'occupe de la médiation» Il dit à M. de Metternich : t Sa majesté l'empereur et roi n'a pas cessé d'exprimer le vœu de la paix f soit avant de recommencer les opérations militaires, soit depuis que les événements de la guerre ont été favorables â ses armes
» Son vœu est pour la paix générale, parceque , tant qu'elle ne sera pas conclue , aucune des puissances qui ont des intérêts maritimes ne pourra jouir de ses droits, et des avantages auxquels cette paix seule permettrait d'aspirer
9 Lorsque sa majesté proposa à Dresde , par l'organe de M. le comte de Bubna, l'établisse^
l'JH NAPOLÉON ET l'eUROPE.
ment d'un congrès où toutes les parties intéressées à la paix générale seraient appelées, et où on poserait des bases pour concilier toutes les prétentions, elle pensa qu'il était convenable qae les États-Unis d'Amérique et les insurgés espagnols y prissent part , parceque tous les pouvoirs maritimes avaient des intérêts à discuter. L'intervention des États - Unis paraissait d'autant plus naturelle que l'Angleterre venait de refuser de négocier sur la médiation proposée par la Russie, pour arranger les différents élevés entre l'Améirique et la Grande-Bretagne.
» Il y a un mois que sa majesté a exprimé aussi fortement son vœu pour l'ouverture d'un congrès. Déjà dix jours se sont écoulés depuis que l'armistice ' a heureusement suspendu refiusion du sangj et aucune communication n'a encore fait
> Avant la bataille de Bautzen , l'empereur Napoléon fit proposer un armistice : on ne lui répondit pas. Après la bataille les alliés le sollicitèrent : Napoléon l'accorda.
Cet armistice fut signé à Plesswitz le 4 juin i8i3, et devau durer jusqu'au 20 juillet. Il fut ensuite prorogé jusqu'au 10 août. Les hostilités ne devaient recommencer que six jours après la dénonciation qui en serait faite. Blucher ne se fit pas de scrupule de marcher avant les délais, et il fut imité par les Autrichiens qui venaient de passer de notre alliance dans celle de l'ennemi.
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connaître les dispositions des puissances bellir gérantes.
»Sa majesté imputerait à regret la perte d'un temps si précieux , et les lenteurs apportées à ces objets, d'un si grand intérêt pour l'humanité, à des prétentions dont elle trouve cependant l'indice dans la note à M. de Bubna. Il semblerait en effet résulter de cette note que les puissances belligérantes doivent traiter et communiquer entre elles par l'organe de la cour de Vienne.
» Sa majesté n'hésiterait point à manifester son opinion sur cette prétention : elle ne peut traiter de la paix sans la négocier; elle ne peut négocier que dans les formes consacrées par l'usage de toutes les nations , et par des plénipotentiaires qui , réunis à ceux des puissances belligérantes, et après l'échange des pleins-pouvoirs respectifs , entreront en explication.
» Vouloir que sa majesté renonce au droit inhérent à Tindépendance des souverains de faire traiter ses intérêts par ses plénipotentiaires , en se conformant aux règles dont il n'y a pas d'exemple dans riiistoire qu'on se soit jamais écarté, ce serait élever une prétention que repousserait tout état conservant le sentiment de sa dignité. Sa majesté n'y consentira pas pour elle; elle n'aurait pas le droit d'y consentir pour ses alliés.
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« » Sa majesté , lors de la négociation de Tarmistice, a déjà fait déclarer k la Prusse et à la Russie qu'elle était prête à traiter sur des bases hono-: râbles à toutes les parties ; elle insista de nouveau sur Touverture immédiate , dans un lieu intermédiaire du séjour des diverses cours belligérantes, d'un congrès pour la paix générale ( et , dans le cas où l'Angleterre aurait refusé ou refuserait d'y adhérer , pour la paix continentale ) , et a fait la déclaration réitérée qu'aussitôt que les ennemis et leurs alliés auront nommé leurs plénipotentiaires, et que le lieu de leur réunion en congrès aura été désigné , elle y enverra les siens , et invitera tous ses alliés à y envoyer les leurs. »
L'empereur Napoléon voulait replacer sur ses bases l'Europe ébranlée par trente années de guerre, et substituer à des paix partielles une paix générale négociée, non dans le cabinet, mais devant tous les peuples et en face de tous les peuples , ainsi qu'il en fut usé à Munster, à Nimègue , à Ryswick , à Utrecht , etc.
M. de Metternich répondit à M. de Bassano :
« L'eixipereur a fait parvenir, dans le mois de » février, aux principales puissances belligérantes » l'offre de son inten^ention pour le rétablisse- » ment de la paix. Convaincue que, sans un juste
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» équilibre politique, le repos si nécessaire à I rSurope ne pouvait être complètement assuré, » et non moins convaincue que cet équilibre est » directement lié à la paix maritime , les vœux »de sa majesté impériale durent nécessairement « porter sur cette paix. Elle eut la satisfaction de •voir son intervention acceptée par les puissan- » ce^ auxquelles elle Favait offerte : V Angleterre ^ seule déclina.
» La marche des événements conduisit l'Autriche à étendre son inten^ention à une véritable médiation. L'empereur en adressa Toffre aux principales puissances belligérantes. Toutefois sa majesté impériale a cru devoir attendre l'époque où la médiation serait formellement acceptée, pour faire une nouvelle démarche visà-vis du gouvernement britannique. Cette démarche a lieu dans ce moment.
»^ L'armistice a un terme prochain, et des armées en présence s'opposent trop directement à la prolongation d^un simple armistice pour que l'empereur puisse admettre comme possible la réunion immédiate d'un congrès , auquel seraient appelées toutes les puissances de l'Eu" rope, y compris les plénipotentiaires de la ré* gènce de Cadix et des Etats-Unis d'Amérique*... >Dans cet état de choses, l'empereur s est atta-
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» ché à concilier les démarches en faveur d'une » pacificatioti générale avec la conjoncture ac- » tuelle. Sa majesté impériale a proposé qu'il fut v négocié 9 sous sa médiation, une paix entre les » principales puissances du continent , qui , elle- » même, servirait de base à la paix générale. Cette » paix première replacera les puissances dans une » attitude qui leur permettra d'attendre la réu- » nion d'un congrès général ; elle conduira direc-
• tement à la paix maritime
» Et comme le château de Gitschin, en Bo- »hême, se présente à la fois comme le lieu le » plus rapproché et le plus central entre les deux » quartiers-généraux , sa majesté impériale n'hé- »site pas à proposer à S. M. l'empereur Napo- »léon d'envoyer un négociateur de sa part audit » château de Gitschin.... La même demande vient » d'être adressée à S. M. l'empereur de Russie et » à S. M. le roi de Prusse.
)>I1 suffit sans doute d'avoir énoncé le but de «cette invitation pour que S, M. l'empereur des » Français ne puisse plus conserver le moindre » doute qu'il n'entre aucunement dans les vues de » l'empereur d'Autriche de confondre sa média- »tion, librement acceptée par les puissances,
• avec des formes qui emporteraient l'exclusion » des négociateurs chargés de défendre directe-