LIV* II, CHAP. VIII
t lait la paix , et cjuel est celui qui ne la voulait jipas? Dès le 12 juillet, le plénipotentiaire de » Russie s'est trouvé à Prague et s'est doublement » légitimé silr ses pouvoirs , et c'est le 6 août ,
• c'est-à-dire quatre jours avant le terme final , » que les plénipotentiaires français ouvrent les » négociations actives, et cela pour établir des
• formes contradictoires par elles-mêmes, afin » d'écarter de fait le grand objet qui semblait les » avoir conduits à Prague *. »
La réponse de M. de Humboldt n'étant, à quelques termes près , *que la copie de celle de M. d'Anstett , il devient inutile de la rapporter.
Au ton qui règne dans ces réponses , il est aisé de voir que les- diplomates alliés comptaient sur une grande réunion de forces et sur le succès de la campagne. L'espérance seule de la victoire portait leur exaltation au dernier degré. Ce serait le cas d'appliquer le mot de M. de Metternich à M. de Stakelberg, a q^olU ressemblait à un homme
' Les plénipotentiaires français se sont rendus à Prague aussitôt quç les diffîcultës sur \a prolongation de l'armistice ont éXÀ levées. Il est juste de dire que Napoléon délibéra s'il n'enverrait pas UQ diplomate du troisième ordre » comme M. d'Anstett , et que ce n'est que par déférence pour son beau-pére qu'il nomma pour ses représentants MM. de Yicence et d« Narl^aone. *
l88 NAPOLÉON ET l'eUROPE.
qui {f oyait le jour pour la première fois , après ai^oir été long-temps enfermé dans une chambre obscure. Ce n'est pas de la sorte qu'ont agi les ministres de France après Austerlitz et après Friedland. Aussi la postérité jugera de quel côté se trouvait la grandeur d'âme , la bonne foi , et le désir de donner la paix à l'Europe.
Le ministre de la cour médiatrice ne laissa pas non plus passer la note des plénipotentiaires français sans y joindre son mot, et ce mot dit de quel côté il voulait faire pencher la balance.
« Le ministre d'état et des affaires étrangères »de sa majesté impériale et royale apostolique,
• négociateur de la convention du 3o juin,» dit M. «de Metternich , « n'a jamais consenti aux deux » points antérieurs à la signature de l'acte dont » fait mention la note des plénipotentiaires fran- » çais * : il suffit , pour démontrer l'erreur qui » a dicté cette assertion , de l'assurance qu'il » eut été contraire à la dignité de son auguste
• cour de prendre l'engagement d'être impar-
• tial, comme celui de ne se lier, durant la né- » gociation , par aucune^convention , même éven-
• tuelle; et les rôles de médiateur et d'arbitre »sont trop différents pour que l'Autriche, en se
> On peut juger cette assertion par ce qui précède.