LIV. II, CHAP. VIII
8 chargeant du premier, du consentement des » puissances intéressées , ait pu songer à s'arro- » ger les attributions de l'autre.
«H ne saurait également pas admettre quil i ait arrêté avec M. le duc de Bassano la forme » des conférences à adopter pour les négocia- » tions. Les égards particuliers que les deux cours » de Russie et de Prusse pouvaient , en raison de » leur attitude politique, se trouver portées à
• observer , relativement au choix de telle ou 3 telle forme de négociations , ont à la vérité fait »le sujet de plusieurs entretiens entre M. de
• Metternich et M. de Bassano; mais la forme B d'une négociation ne pouvant pas être unila* » téralenient réglée par le médiateur et par une
• des puissances prenant part à la négociation', »avec exclusion des autres parties; et l'arri- »vée de MM. les plénipotentiaires français ayant » éprouvé dés retards , le mode de négociation » fut touché par M. le comte de Bubna , et le ' 9 pourparler à cet égard ne conduisit à aucun ré-
isultat'.
» Pourquoi avoir proposé le double mode ? Pourquoi n'avoir pas suivi la marche établie dans les traités qui s'étaient faits depuis vingt-cinq ans.
* M. de Metternich oublie ici la déclaration formelle , qu'il
igo jxkvoLioTsr et l'europ£.
»Il proteste formellement contre l'assertion 9 que le prétendu concert établi à ce sujet ait » été motivé par la manifestation des intentions » de la Russie d'ouvrir des négociations dans la » vue de compromettre l'Autriche ; S. M, l'empe- » reur ne s'est chargé de la médiation entre les » cours belligérantes que par sa confiance dans i leur bonne mi réciproque , et sa pénétration ne » pouvait pas être plus surprise que son ipipar- «tiale loyauté.
9 Les formes de la négociation proposée ne » pouvaient être imprévues , puisqu'elles ont été » articulées dans les ouvertures faites à cet égard » par M. le comte de Bubna , et elles sont si peu 9 inusitées dans des transactions semblables à la i présente , qu'elles ont été admises comme bases
» dans les négociations de Teschen M. de
• Metternich renouvelle aux plénipotentiaires > français son invitation d'y adhérer. »
Il faut remarquer ici que , dans ces discussions préliminaires , le médiateur suivait précisément les formes de Teschen. M. de Metternich com-
n'entrait pas dans les vues de l'empereur d'Autrtcbe de confondre sa médiation avec des formes qui emporteraient Texclusion des négociateurs chargés de défendre directement les intérêts des hautes parties contractantes.
liiv. 11^ CHAP. yixi. 191
mença par adresser une lettre aux différents plé* nipotentiaires ; il reçut leur réponse , et la leur transmit respectivement.
Les plénipotentiaires français savaient ou ne savaient pas que leur première note serait communiquée dans tout son contenu aux ministres de Russie et de Priasse. Dans les deux cas , ils devaient s'abstenir de réflexions qui pouvaient blesser la susceptibilité de qui que ce soit. S'ils avaient pressenti les intentions des cours alliées , ils devaient en donner connaissance au ministre médiateur de vive • voix , et non par écrit. Par cette précaution diplomatique, ils auraient évité l'aigreur qui s'est glissée dans les premières relations v<^t les reproches qui leur ont été adressés.
Ijes plénipotentiaires français fournirent une notç en réponse à celle de MM. d'Anstett et de Humboldt. Ils disent : « C'est avec autant de sur- » prise que de regret que les plénipotentiaires «français ont vu que les notes des plénipotentiaitres russe et prussien avaient pour but de re- 1 jeter une proposition qui leur avait paru et qui 9 est en effet la seule propre à concilier la diver- 9 site d'opinions qui s'est élevée sur la forme ides négociations.
» Dans cet état de choses , ils s'adressent avec » confiance au^ médiateur , pour lui représenter
iga NAPOLÉON ET L*EUROPE,
ce qu'il est impossible de ne pas reconnaître , que la seule ouverture qui ait tendu réellement à entamer la négociation a été faite par eux. En effet , le dissentiment des deux parties laissant la question indécise , et l'opinion du médiateur , quelque poids que lui donnent sa sagesse et ses lumières , n'ayant pas pti la décider , les plénipotentîaires français , autant par déférence pour le médiateur que par le désir d'aplanir toutes les difficultés , ont consenti à adopter entièrement le mode qu'il avait proposé , en demandant simplement qu'on admît aussi leur proposition. » C'était donc un pas de fait , car il serait injuste de ne regarder comme tel en négociation que le sacrifice total de ses prétentions qu'une des parties ferait à l'autre ; ils devaient donc espérer qu'après cette démarche de leur par^ , faite dans la forme que le médiateur avait désirée , il se déciderait enfin à faire valoir les motifs non moins fopdés sur la raison que sur l'usage , dont ils ont appuyé leurs propositions dans les fréquentes conférences officielles qu'ils ont eues à ce sujet avec M. le comte de Mettérnich. Cependant ils voient que les plénipotentiaires alliés , sans combattre cette proposition , sans répondre aux considérations qui l'ont dictée , sans alléguer même d'autre raison que leur seule volonté, per-