LIV. II, CHAP. VIIL jllt
ment répondit à leur attente. Les Français trou«^ vèrent des ennemis jusque dans leurs rangs.
La journée de Leipsick fera époque, et sera pour tous les siècles un modèle inimitable de trahison«
Cependant les alliés sont à Francfort, mais tout étonnés d'avoir fait rétrograder l'armée française malgré tant de moyens de toute espèce. La barrière du Rhin les effraie, ils n'ont plus de secours à attendre ; ils connaissent la valeur française, les ressources de Pempire et le génie de son chef. Ils se rappellent la dernière propo* sition de Napoléon. M. de Saint-Aignan se trouve sur les lieux , ils vont faire une réponse , c'est un moyen ménagé en cas de revers. Toutefois il ne s'agit plus des propositions de Prague , le succès enhardit, et les Anglais sont au camp, qui appuient sur les sacrifices de la France.
C'est le 8 octobre que M. de Saint-Aignan eut une entrevue avec M. de Metternich; M. de Metternich déclara que personne n'en voulait à la dynastie de l'empereur Napoléon , que l'Angleterre était bien plus modérée qu'on ne pensait ; que jamais le moment n'avait été plus favorable pour traiter avec elle) que si l'empereur Napoléon voulait réellement faire une paix so-* lide, il éviterait bien des maux à l'humanité
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212 NAPOLEON ET ]p EUROPE.
et bien des dangers à la France, en ne retardant pas les négociations; qu'on était prêt à s'entendre; que les idées de paix que l'on concevait devaient donner de justes limites à la puissance de l'Angleterre , et à la France toute la lir berté maritime qu'elle a droit de réclamer , ainsi que les autres puissances de l'Europe.
Le lendemain, M. de Saint-Aignan fut appelé à une réunion où se sont trouvés M. de Mettérnich, M. de Nesselrode, lord Aberdeen, et le prince de Schwartzenberg. M. de àaint-Aignan fut chargé de rapporter ^ sa majesté l'empereur Napoléon :
» Que les puissances coalisées étaient engaigées par des liens indissolubles qui faisaient » leur force, et dont elles ne dévieraient jamais.
iQue les engagements réciproques qu'elles
• avaient contractés leur avaient fait prendre la » résdlutTon de ne faire qu'une paix générale; que 9 lors du congrès de Prague , on avait pu penser » à une paix continentale, parceque les circon-
• stances n'auraient pas donné le temps de s'en- I tendre pour traiter autrement ; mais que , deipuis, les intentions de toutes les puissances et » celles de PAngleterre étaient connues ; qu'ainsi » il était inutile de penser , soit à un armistice , ■ soit à une négociation qqi n'eût pas pour pre-
• mier principe une paix générale.