LIV. IIj CàAP« VIII
» Que les souverains coalisés étaient unanime- 9 ment d'accord sur la puissance et la prépoiidé- » rance que la France doit conserver dans son I intégrité, et en se renfermant dans ses limites •naturelles, qui sont le Rhin, les Alpes et les » Pyrénées ;
» Que le principe de Tindépendance de l'Alle- » magne était une condition sine quâ non;
• qu'ainsi la France devait renoncer , non pas »à Tinfluence qu'un grand état exerce nécessai* •rement sur un état de force inférieure, mais
• à toute souveraineté sur l'Allemagne; que d'ail- •leurs c'était un principe que sa majesté avait •posé elle-même, en disant qu'il était convena* •ble que les grandes puissances fussent séparées » par des états plus faibles ;
• Que du côté des Pyrénées l'indépendance de
• FEspagne et le rétablissement de l'ancienne
• dynastie était également une condition sine
• quâ non ;
» Qu'en Italie l'Autriche devait avoir une fron- •tière qui serait un objet de négociation ; que le •Piémont offrait plusieurs lignes qu'on pourrait
• discuter, ainsi que l'état de l'Italie, pourvu, tou- •fois, qu'elle fut, comme l'Allemagne, gouver- »née d'une manière indépendante deja France
• ou de toute autre puissance prépondérante ;
914 NAPOLIÊON ET l'eUROPE.
. » Que de même l'état de la Hollande serait un 9 objet de négociation , en partant toujours du
• principe qu'elle devait être indépendante ;
» Que l'Angleterre était prête à faire les plus » grands sacrifices pour la paix fondée sur ces «bases, et à reconnaître la liberté du commerce » et de la navigation , à laquelle la France a droit i de prétendre.
i Que si ces principes d'une pacification gêné- 9 raie étaient agréés par sa majesté, on poiuxait » neutraliser sur la rive droite du Rhin tel lieu » qu'on jugerait convenable , où les plénipoten- 9 tiaires de toutes les puissances belligérantes se » rendraient sur-le-champ , sans cependant que » les négociations suspendissent le cours des opé-
• rations militaires. » \
Ces propositions des alliés n'étaient pas seulement la réponse à la dernière note de M. de Bassano à M. de Metternich , mais encore aux offres que Napoléon fit faire par M. de Merfeldt Le général Merfeldt avait été fait prisonnier le 16 octobre devant Leipsick ; Napoléon lui rendit la liberté , et le chargea de dire à sa cour qu'il renonçait à la Pologne , à l'IUyrie , à la confédération du Rhin; qu'il consentait à rendre l'indépendance à l'Espagne, à la Hollande, aux villes Anséatiques et à l'Italie ; qu'il offrait pour prix