LIV. II, GHA.P. VIII
« Considérant que V ennemi a envahi les/ron- Têtières de V empire y du côté des Pyrénées et du » Nord ; que celles du Rhin et d' au-delà des Al" »pes sont menacées ;
• Vu le projet de sénatus-consulte , rédigé en la » forme prescrite par l'article 67 de l'acte des con- • stitutiôns du 4 ^oût 1802;
» Après avoir entendu^ sur les motifs dudit pro- » jet, les orateurs du conseil d état et le rapport de > la commission spéciale , nommée dans la séance idu 12 de ce mois;
» L'adoption ayant été délibérée au nombre de >voix prescrit par l'article 56 de l'acte des con- » stitutions du 4 ^oût 1 802 , décrète :
» Art. l 'T. Trois cent mille conscrits..,, sont mis »à la disposition du ministre de la guerre, etc. »
Voilà tout ce décret!
La provocation n'est pas dans les titres pris par l'empereur Napoléon ; il ne devait pas renoncer à ces titres avant le traité de paix , et l'on ne pouvait lui faire un crime de les prendre encore; pas plus qu'il n'avait fait un crime à l'empereur d'Autriche d'avoir pris le titre de roi des Romains dans le traité de Campo-Formio. C'est dans les motifs du décret que les alliés ont trouvé la provocation ? Sans doute qu'il ne fallait pas dire
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à la France pourquoi on lui demandait de nouveaux sacrifices , ni .lui apprendre que les frontières étaient menacées. Jamais décret ne fut plus simple , jamais motifs ne furent plus pacifiquement développés. La provocation n'a existé que dans l'esprit des alliés , et la déclaration de Francfort n'avait pour but que de tromper l'Europe.
C'est pourtant de cette fausse allégation que partent les puissances alliées pour déclarer « qu'elles se trouvent de nouveau appelées à » promulguer à la face du monde les vues qui 'les guident dans la guerre, les principes qui » font la base de leur conduite , leurs vœux et » leurs déterminations.
» Les puissances alliées ne font point la guerre »à la France, mais à sa prépondérance.
^ » Le premier usage que leurs majestés impé- • rîales et royales ont fait de la victoire a été » d'offrir la paix à S. M. l'empereur des Français*.
» Une attitude renforcée par l'accession de tous » les souverains de l'Allemagne n'a pas eu d'in- » fluence sur les conditions de la paix ".
> Si toutes les pièces diplomatiques étaient brûlées , on pourrait croire que c'était Napoléon qui ne voulait pas la paix.
» C'est sans doute en raison de cette attitude qu'il ne fallait pas que Napoléon recrutât son armée.