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» Les souverains alliés désireot que la France > soit grande, forte et heureuse, parceque la puis- * sance française grande et forte est une des bases
9 de Fédifice social Les puissances confirment
» àl'empire français une étendue de territoire que »n'a jamais connue la France 'sous ses rois, par- »cequ'une nation valeureuse ne déchoit pas »pour avoir à son tour des revers '. »
Cependant Napoléon a désigné son plénipotentiaire ; c'est encore le duc de Vicehce , son ministre des relations extérieures. Le duc de Vicence se hâte de lever les dernières objections de M. de Metternich, en lui annonçant que l'empereur adhère aux bases générales et sommaires qui ont été communiquées à M. de Saint-Aignan, quels que soient les sacrifices qu'elles commandent *. ,
La lettre jde M. le duc de Vicence parvint à M. de Metternich à Francfort» Le ministre autrichien répondit, le 6 décembre, que leurs majestés ont reconnu avec satisfaction que S. M. l'empereur des Français avait, adopté les bases essentielles au rétablissement d'un état d'équi-
■ C'est d'après ce principe que les allies demandèrent que la ("rance rentrât dans ses anciennes limites. * La lettre de M. le duc de Yicence est du 2 décembre»
libre, et à la tranquillité future de l'Europe; qu'elles ont voulu que cette pièce fût portée sans délai à la connaissance de leurs alliés; et que leurs majestés impériales et royales ne doutent point qu'immédiatement après la réception des réponses les négociations ne puissent s'oumr.
C'est toujours le même système. Tantôt l'empereut Alexandre ne peut rien faire sans consulter l'Angleterre , tantôt l'empereur d'Autriche ne veut rien décider sans avoir l'avis de l'empereur de Russie ; une autre fois , il faut que Tempereur de Russie, l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse se réunissent. Aujourd'hui ils sont tous ensemble, mais il faut qu'ils consultent les autres alliés. Ils ont proposé des conditions que l'on accepte, tout devrait être dit; s'ils avaient fait la proposition sans consulter leurs alliés, c'est qu'ils croyaient pouvoir se passer d'eux; s'ils les avaient consultés,, ils étaient autorisés : dans les deux cas , ils pouvaient conclure ; mais ce n'est pas de cela qu'il s'agissait , les alliés ne voulaient pas encore faire la paix, mais ils ne voulaient pas non plus que l'Europe crût qu'ils étaient les continuateurs de la guerre.
M. le duc de Vicence était déjà à Lunéville le 6 janvier i8i4- U le fit savoir à M. de Metternidbi, en lui demandant des passe-ports pour
traverser l'armée alliée. M. de Vicence se plaint de n'avoir pas encore reçu la réponse annoncée dans la note de M. de Metternich du i o décembre; il ne peut croire que lord Aberdeen ait eu des pouvoirs pour proposer des bases , sans en avoir . pour négocier '.
La réponse de M. de Metternich arrive enfin ; elle est du 8 janvier. Le ministre autrichien rejette le retard sur l'obligation où se sont trouvées leurs majestés de porter à la connaissance de leurs alliés le$ ouvertures officielles de la part de la France ; il annonce que la cour de Londres vient ' de faire partir pour le continent le secrétaire d'état ayant le département des affaires étrangères ; que l'empereur de Russie se trouve main- f tenant éloigné ; que lord Castlereagh est attendu d'un moment à l'autre , et que l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse le chargent lui , M. de Metternich , de prévenir M. de Vicence qu'il re* cevra le plus tôt possible une réponse à sa proposition de se rendre au quartier général des souverains alliés.
Les alliés étaient occupés de tout autre soin
' Le défaut de pouvoirs de lord Aberdeen ëtait le motif dont ' s'éuit servi M. de Metternich pour retarder l'ouverture du '
congrès.
âd4 MAPOLléON ET l'eUROPE.
que de celui de prendre l'avis dès autres souverains : il s'agissait pour eux de franchir le Rhin ; mais, n'osant pas le tenter devant l'armée française\ la neutralité de la Suisse fut violée , et les alliés se glissèrent à travers sel montagnes sur le territoire français.
Le lieu de rendez - vous des plénipotentiaires devait être changé : c'est maintenant à Châtillonsur-Seine que M. de Mctternich prie M. de Vicence de se rendre , en lui disant qu'il ne doute pas qu'à son arrivée il apprendra le jour et le lieu où les négociateurs pourront se réunir.
M. de Vicence se dirigea donc sur Châtillon.
Il y fut le 2\ janvier. Il en informa M. de Metternich^ qui lui répondit que les plénipotentiaires alliés s'y rendraient le 3 février. De nouvelles conférences vont s'ouvrir ; mais si les propositions de Francfort n'étaient plus celles de Prague, les propositions de Châtillon ne sont plus celles de Francfort : les alliés usent de la situation de la France , ils en abusent.
Cependant Napoléon avait donné au duc de Vicence des instructions qu'il lui renouvela par sa lettre du.21 janvier. « Je pense, dit l'empereur qu'il est douteux que les alliés soient de bonne foi et que l'Angleterre veuille la paix. Moi je la veux , mais solide , honorable. La France , sans
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ses limites naturelles, sans Ostende, sans Anvers, ne serait plus en rapport 4ivec les autres états de l'Europe. L'Angleterre et toutes les puissances ont reconnu ces limites à Francfort. Les conquêtes de la France en-deçà du Rhin et des Alpes ne peuvent compenser ce que l'Autriche , la Russie , la Prusse , ont acquis en Pologne , en Finlande , ce que l'Angleterre a envahi en Asie. La politique de l'Angleterre, la haine de l'empereur de Russie entraîneront l'Autriche. J'ai accepté les bases de Francfort ; mais il est plus que probable que les alliés ont d'autres idées : leurs propositions n'ont été qu'un masque. Lés négociations une fois placées sous l'influence des événements militaires , on ne peut prévoir les conséquences d'un tel système ; il faut tout écouter , tout observer : il n'est pas certain qu'on vous reçoive au quartier - général ; les Russes et les Anglais voudront écarter tous les moyens de conciliation et d'explication avec l'empereur d'Autriche '. Il faut tâcher de connaître les vues des alliés , et me faire connaître jour par jour ce que vous apprendrez , afin de me mettre dans le cas de vous donner des instructions , que je ne
' Ce que Napoléon prëvolt ici est arrive. Le duc deVîcence , au lieu de recevoir la permission de venir au quartier-général y a reçu Tavis de se rendre' à Gbâtillon.