‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 67 sur 139 · LIV. IT, CHAP. VIIÏ · texte numérisé non relu

LIV. IT, CHAP. VIIÏ

pas aujourdliui les deux tifrs de la puissance qu'elle avait il y a vingt ans; ce qu'elle a acquis du côté des Alpes et du Rhin ne compense point ce que la Russie , la Prusse et l'Autriche ont acquis par le seul démembrement de la Pologne.

Tous ces états se sont agraxîdis. Vouloir ramener la France à son état ancien , ce serait la faire déchoir et l'avilir. La France , sans les départements du Rhin , sans la Belgique , sans Ostende , sans Anvers , ne serait rien. Le système de ramener la France à ses anciennes frontières est inséparable du rétablissement des Bourbons, parcequ'eux seuls pourraient offrir une garantie du maintien de ce système , et TAngleterre le sen- . tait bien : avec tout autre la paix sur une telle base serait impossible et ne pourrait durer. Ni l'empereur , ni la république , si des bouleversements la' Élisaient renaître , ne souscriraient jamais à une telle condition. Pour ce qui est de S. M. sa résolution était bien prise, elle était immuable : elle ne laisserait pas la France moins grande qu'elle ne l'avait reçue. Si donc les alliés voulaient changer les bases acceptées , et proposer les liikiites anciennes, elle ne voyait que trois partis : ou combattre et vaincre , ou combattre et mourir glorieusement , ou enfin , si la

nation ne la soutenait pas , abdiquer. Elle ne te-

nait pas aux grandeurs , elle n'en achèterait jamais la conservation par l'avilissement. Les Anglais pouvaient désirer de lui ôter Anvers ; mais ce ji'était pas Tintérét du continent, car la paix ainsi faite ne durerait pas trois ans. Elle sentait que les circonstances étaient critiques, mais elle n'accepterait jamais une paix honteuse. En acceptant les bases proposées , elle avait fait tous les sacrifices absolus qu'elle pouvait faire : s'il en fallait d'autres , ils ne pourraient porter que sur ritalie et la Hollande. Elle désirait sûrement exclure le stadhouder, mais la France conservant les limites naturelles tout pourrait s'arranger,

rien ne ferait un obstacle insurmontable »

M. de la Besnardière finit en annonçant au duc de Vicence la défection du roi de Naples. Enfin l'empereur Napoléon répondit, le 4 février , à M. le duc de Yicence qui demandait des pouvoirs : « Vous me demandez toujours des pouvoirs et des instructions , lorsqu'il est encore douteux si l'ennemi veut n^goder. Les conditions sont, à ce qu'il paraît, arrêtées d'avance entre les alliési C'était liier le 3 : vous ne me dites pas que les plénipotentiaires vous en aient dit un mot. Aussitôt qu'ils VjOus les auront communiquées , pous êtes le maître de les accepter , ou d'en référer à moi^dans les vingt-quatre heures. »

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Mais déjà les hostilités avaient recommencé ; Farraée prussienne s'était réunie à la grande armée autrichienne , et la bataille de Brienne avait ea lieu le i •' février. L'armée française avait passé la nuit sur le champ de bataille, mais, cédant à la supériorité numérique , elle s'était retirée sur Troies,

Tel .était l'état des choses à l'époque de l'ouverture du congrès de Châtillon.

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