LIV II, GHJLP. VIII
être indifférent à celui à qui on demande des sacrifices de savoir au profit de qui il les fait^ et quel emploi on veut en faire ; enfin si en les faisant on peut mettre tout de suite un terme aux malheurs de la guerre. Un projet qui développerait les vues des alliés dans leur ensemble remplirait ce but.
»Le plénipotentiaire renouvelle donc de la manière la plus instante la demande que les plénipotentiaires des cours alliées veuillent bien s'expliquer positivement sur tous les points précités.
« Les plénipotentiaires des cours alliées se » bornent à déclarer qu'ils prennent la réponse ».de M. le duc de Vicence ad référendum ^ et la » séance est levée. »^
S'il y avait eu un armistice , et deux mois pour s'entendre, la demande de M. le duc de Vicence pourrait paraître toute simple, mais dans laposition des choses elle étonne. jM. le duc de Vicence attendait-il la réponse à sa lettre à l'empereur , du 6 février ? Ne voulait - il que gagner du temps? Mais le moindre délai pouvait compromettre la capitale et amener une bataille où se trouvaient les dernières espérances de la nortion. Usant de sa carte blanche , le plénipotentiaire français pouvait accepter les propositions II. 16
^4^ NAPOLÉON BT l'eÛROPE;
des alliés, ou au moins présenter un contre-projet sur lequel on serait entré en discussion; mais, sans adopter , sans rejeter , il veut savoir au profit de qui seront les sacrifices demandés à la France, comme si, dans les conjonctures ac« tuelles , il pouvait lui importer que ces sacrifices profitassent A tel ou tel. Il demande enfin si en faisant ces sacrifices on peut mettre tout de suite un terme aux malheurs de la guerre^ ? Sans doute, puisque faire ces sacrifices était adopter le projet des cours alliées, et qu'adopter ce projet c'était faire la paix : or, quand la paix est faite, la guerre est finie.
M. le duc de Vicence entretenait une correspondance particulière avec le prince de Metternich ; cette correspondance était toute de confiance; mais on a tant abusé de la confiance! M. le duc de Vicence écrit , le 9 février, à M. le prince de Metternich, qui était à Langres, une lettre dans laquelle il lui dit : « Je me propose de demander aux plénipotentiaires des cours alliées si la France, en consentant, ainsi qu'ils l'ont demandé, à rentrer dans ses anciennes limites, ob-. tiendrait immédiatement un armistice. Si par un tel sacrifice un armistice peut être sur-leclxamp obtenu, je serai prêt à le faire : je serai prêt encore, dans cette supposition , à renaettre