‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 73 sur 139 · LIV. II, GHAP. VlII. j · texte numérisé non relu

LIV. II, GHAP. VlII. j

sur»le-cbamp une partie des places que ce sa«crifice devra nous faire perdre.

» J'ignore si les plénipotentiaire^ des cours al**, liées sont autorisés à répondre affirmativement à cette question, et s'ils ont des pouvoirs pout conclure cet armistice. S'ils n'en ont pas , per«« sonne ne peut autant que votre excellence contribuer à leur en faire donner. Les raisons qui me portent à l'en prier ne me semblent pas tellement particulières à la France qu'elles ne doi-* vent intéresser qu'elle seule. Je supplie votre excellence de mettre ma lettre sous les yeux du père de l'impératrice : qu'il voie le sacrifice <{ue nous sommes prêts à faire , et qu'il décide* »

La lecture de cette lettre affecte douloureuse«ment. M. le duc de Yicence demande un armistice, et pour l'obtenir il offre tout ce qu'on lui demandait pour la paix. Mais ce n'est point aux plénipotentiaires alliés qu'il s'adresse, c'esi au ministre autrichien qui n'est pas sur les lieux. M. le duc de Yicence use inutilement de ses pleins*pouvoirs ; il en use pour nuire à sa cause. Si dans la séance du 7 février il eût fait cette offre aux plénipotentiaires des cours alliées , ils l'eussent acceptée. Ils étaient réunis , et en présence de M. le duc de Yicence, ils n'eussent point eu le temps de délibérer sur une proposi*

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tioD qui rentrait entièrement dans leurs vues. Demander un armistice, en rentrant dans les anciennes limites, c'était consentir à la paix, qui n'avait pour but que de faire rentrer la France dans ses anciennes frontières. La signature de cet armistice eût été la signature de la paix. Aucun des plénipotentiaires alliés n'eût osé refuser. Les ministres anglais surtout risquaient leur tête, si, après avoir rejeté une telle proposition, les armées alliées eussent éprouvé des revers.

Mais il parait que la lettre de M. le duc de Vicence fut, avant de sortir de Châtillon , communiquée à M. de Stadion ; que M. de Stadion en fit part à M. Razoumowski, et que ces messieurs se réunirent aux plénipotentiaires anglais. On craignit que M. le duc de Yicence ne se présentât à la prochaine séance avec l'intention d'accepter les bases proposées , et pour, ne pas se donner le tort de refuser la . paix fondée sur ses propres demandes, l'on profita de la lettre du duc de Yicence pour feindre de demander de nouvelles instructions aux souverains, et pour ne pas se trouver engagé , l'on supposa des ordres pour la suspension des conférences.

Le même jour, 9 février, les plénipotentiaires des cours alliées signèrent une note où ils disent « qu'ils viennent de recevoir de son excellence

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» M. le plénipotentiaire de Russie une comihu- » nication portant :

» Que sa majesté l'empereur de Russie ayant

• jugé à propos de se concerter avec les souve- »rains ses alliés sur l'objet des conférences de » Ghàtillon , S. M. a donné ordre à son plénipo- » tentiaire de déclarer qu'elle désire que les con-

• férences soient suspendqes jusqu'à ce qu'elle « lui ait fait parvenir des instructions ulté- «rieures. » \ ■

Cette note fut remise à M. le duc de Vicence le 10 février.

Ce même jour, M. le duc de Vicence répond aux plénipotentiaires des cours alliées que son étonnement a été extrême en apprenant que le seul désir d'une seule des quatre cours alliées leur parût à tous une cause suffisante pour suspendre les^égociations.

Il écrit à l'empereur Napoléon : « Le peu que je sais sur tout ce qui s'est passé hier, et même avant-hier au soir, prouverait que les plénipotentiaires alKés sont peu d'accord, qu'il y a eu de grandes difficultés , et que ce n'est que ce mâtin qu'ils ont tous consenti à faire remettre cette note , lé plénipotentiaire de Russie ayant déclaré qu'il ne pouvait continuer à négocier, et les attitrés ne voulant pas avoir l'air de se séparer de

Iklfi KAJ^OtlÉOlf ET l'eVROPE.

4ui. Si rAutriclie a uii but raisonnable , cette circonstance l'obligera à se prononcer, s'il en est encore temps. Ma lettre d'hier, 9 , à M. de Mettefnich ne lui laisse pas de prétexte pour ne pas le faire. Le voyage de lord Castlereagh peut même lui donner les moyens de s'expliquer franchement et sans retard ; car il parait que ce qui se passe depuis quarante^huit heures tient à un motif auquel on n'était pas préparé. Au reste cela ne peut tarder à s'éclaircir : la force des événements prend un tel empire , que la sagesse et la prévoyance humaine ne peuvent plus rien.

» S'il n'y a de salut que dans les armes, je prie V, M. de me compter au nombre de ceux qui tiennent à Khonneur de mourir pour leur prince. •

Le même jour, i o encore , M. le duc de .Vicence écrit au prince de Mèttèrnièh, et lui dit , « que la iiote des plénipotentiaires alliés annonce trop clairement tout ce qu'on se proposie contre nous, pour qu'il y ajoute aucune réflexion. » C'était un motif de plus pour M» le duc de Yicence de saisir la première occasion qui se présenterait pour. signer la paix.

Le 1 5 février , le prince de Metternich fait savoir à Mt le duc de Vicence que l'enipereur d'Autniehe l'ayant autorisé à faire usage de aa

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lettre près des cabinets alliés, les plénipotentiaires réunis à Châtillon ont reçu l'ordre d'entrer en pourparlers sur la proposition que renferme cette lettre.

Par une i^econde lettre , ce prince dit au duc de Vicence : « Nous venons de mettre en train

• vos négociations, et je réponds à votre excel- »lence que ce n'est pas chose facile que d'être le «ministre de la coalition.- Ce que vous m'avez »dit de flatteur sur vos regrets de ne pas me «voir à Châtillon ne peut porter que sur des

> sentiments personnels desquels vous m'avez

• donné tant de preuves. Croyez que, sous lerap- » port des affaires , je suis plus utile ici que chez » vous. Je vous ai déjà recommandé M. le comte

> de Stadion , croyez^moi sur parole. Milord » Castlereagli est également un homme de la nmeiUeure trempe, droit, loyal, sans passions, )»et par conséquent sans préjugés. Il fallait une » composition d'hommes comme le sont les mi- » nistres anglais du moment pour rendre pos^ » sible la grande œuvre à laquelle vous travaillez,

• et qui, je m'en flatte, sera couronnée de succès. » Votre ejccellence ne doit pas regretter d'avoir «accepté le ministère; il n'est beau que dans des t temps difficiles.

• Le comte de Stadion vous parlera de la ligne

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9 de vos courriers Si vous en avez de très

» pressés , et que la direction du quartier-géné- »ral de votre empereur y prête, envoyez-moi »des dépêcEies chiffrées , je les ferai passer, par » la route la plus directe, par les avant-postes... » Nous ne pouvons pas, avec la meilleure volonté, 9 répondre de nos hordes de troupes légères... » C'est une vilaine chose, mon cher duc , que la » guerre , et surtout quand on la fait avec cins quante mille Cosaques ou Baskirs. »

DEVXIEMfe PARTIE.

Les conférences sont reprises le 1 7 février.

Les plénipotentiaires des cours alliées ouvrent la séance en disant qu'il ne s'agit pas de faire des rapprochements entre les déclarations antérieures et leurs propositions actuelles.

« Ils déclarent que le ministre des af&ires » étrangères de S. M. l'empereur d'Autriche a porté > à la connaissance des cours alliées l'ouverture » faite par le plénipotentiaire de France d'un ar- » mistice , et que ces cours estiment qu'un traité » préliminaire qui serait fondé sur ce principe , » que la France rentrerait dans ses anciennes li- » mites, et qui aurait pour résultat immédiat la

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