‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 75 sur 139 · LIV. II, CHAP. VIII · texte numérisé non relu

LIV. II, CHAP. VIII

jours; Mantoue, Palma^Nova,. Venise et Pes« chiera, les places de TOder et de TËlbe^dans quinze jours, et les autres places et forts dans le plus court délai possible , qui ne pourra excé^ der celui de quinze jours. Ces places ef: forts seront remis dans l'état où ils se trouvent présentement, avec toute leur artillerie, munitions de guerre et de bouche , archives , etc. , etc. Les garnisons françaises de ces places sortiront avec armes, bagages, et avec leurs propriétés parti** culières.

S. M. l'empereur des Français fera également remettre, dans l'espace de quatre jours, aux armées alliées les places de Besançon, Belfort et Huningue, qui resteront en dépôt jusqu'à la ratification de la paix définitive , et qui seront remises dans l'état dans lequel elles auront été cédées, à mesure que les armées alliées évacueront le territoire français.

7. Les généraux commandant en chef nommeront sans délai des commissaires chargés de déterminer la ligne de démarcation entre les armées réciproques.

8. Aussitôt que le présent traité préliminaire aura été accepté et ratifié de part et d'autre, les hostilités cesseront sur terre et sur mer.

Le présent traité préliminaire sera suivi dans

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le plus court délai possible , par la signature d'untraité de paix définitif.

Les ratifications du traité préliminaire seront échangées dans quatre jours, ou plus tôt, si faire s^ peut.

Cette lecture achevée, le plénipotentiaire de France fait observer que le projet confond le titre de roi d'Italie a^ec ceux de médiateur et de protecteur, qui en diffèrent essentiellement; que le premier est un titre de souveraineté , ce que les deux autres ne sont pas; qu'il est attaché à la pos* session d'un état, que cet état est indépendant de la France ,.que les renonciations de celle-ci n'entraîneraient nullement une renonciation à la couronne d'Italie, à laquelle l'empereur des Français ne pourrait pas renoncer comme empereur, mais uniquement en sa qualité de roi.

Les plénipotentiaires des cours alliées répondirent que leur intention était que l'empereur Napoléon renonçât à la possession du royaume d'Italie.

M. le duc de Yicence, continuant ses observations, a demandé si le roi de Saxe était compris dans, les arrangements que les alliés projetaient pour l'Allemagne , et serait rétabli dans la pleine possession de son royaume.

Si le roi de Westphaliey reconnu par toutes

iiv. Il, GHAP. viir. 257

les puissances du continent, recouvrerait son royaume , ou obtiendrait une indemnité.

Enfin , si les droits du vice-roi , comme héritier du royaume d'Italie , étaient reconnus pour le cas où le roi d'Italie renoncerait à la couronne de ce royaume.

Les plénipotentisûres des cours alliées ayant déclaré s'en tenir pour le moment à leur projet, M. le plénipotentiaire français s'est réservé de proposer uneconférence ultérieure, lorsqu'il sera dans le cas d'entrer en discussion sur ce projet, qui était d'une trop haute importance pour qu'il pût y faire à l'instant même une réponse quelconque.

Dans toute autre position , le plénipotentiaire français aurait pu réclamer pour des princes possessionnés dans des pays conquis; mais ce n'était pas le cas lorsqu'on lui avait donné carte blanche pour sauver Paris et éviter une bataille. C'était bien mal connaître la nature de son mandat, que de stipuler pour le roi de Saxe, pour Jérôme, et même pour Eugène, quoiqu'il eût refusé la couronne d'Italie qu'on lui avait offerte pour prix de sa défection.

Dans trois jours , M. le duc de Vîcence ne pourra plus arrêter l'effusion du sang, ni faire la paix. Napoléon avait ressaisi la victoire.

â58 KAPOLiOV ET l'eUAOPE.

Il écmit le 1 7 février à M. le duc de Viœnce. « Je vous ai donné carte blanche pour sauver Paris et éviter une bataille , qui était la dernière espérance de la nation. La bataille a eu lieu : la providence a béni nos armes. J'ai fait trente à quarante mille prisonniers ; j'ai pris deux cents pièces de canon, un grand nombre de généraux , et détruit plusieurs armées sans presque coup férir. J'ai entamé hier l'armée du prince de Scbvsrartzenbergy que j'espère détruire avant qu'elle ait repassé nos frontièi^es. Votre attitude doit être la même, vous devez tout faire pour la paix; mais mon intention est que vous ne signiez rien sans mon ordre, parceque seul je connais ma position. ïln général je ne désire qu'une paix solide et honorable ^ et, elle ne peut être telle que sur les bases proposées à Francfort. Si les alliés eussent accepté vos propositions le 9 , il n'y aurait pas eu de bataille; je n'aurais pas couru les chances de la fortune,dans lemoment où le moindre insuccès perdait la France; enfin , jeji'aurais pas connu le secret de leur faiblesse. Il est juste qu'en retour j'aie les avantages des chance^ qui ont tourné pour moi. Je veux la paix; mais ce n'en serait pas une, que celle qui imposerait à la France des conditions plus humiliantes que les bases de Francfort. Ma position est certainement plus avantageuse qu'à l'époque où

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