‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 77 sur 139 · LIV. II/GHàP. VIII · texte numérisé non relu

LIV. II/GHàP. VIII

leur fait faire , et , venant à son offre au prince de • Metternich , il répèle que cette offre était subordonnée à la demande d'un armistice immé. diat , lequel a été refusé , et qu'on ne pouvait par conséquent s'en prévaloir. A l'égard du délai que veulent fixer les plénipotentiaires alliés , il répond que, dans une affaire aussi grave, on ne peut imposer ni prendre l'obligation de répondre à jour fixe.

La séance est levée.

Maintenant que M. le duc de Vicence n'a plus de carte blanche , qu'il n'est plus le maître de faire la paix , il presse l'empereur de faire la paix. Il lui écrit le 5 mars :

t Si votre ministre^ vous répète sans cesse le mot de paix , c'est parcequ'il la croit indispensable , et même pressante, pour ne pas tout perdre ; c'est quand il n'y a pas de tiers entré votre

majesté et lui qu'il lui parle franchement

Personne ne voudrait plus que moi conisoler votre majesté , adoucir tout ce que les circonstances et les sacrifices qu'elles exigeront auront de pénible pour elle ; mais l'intérêt de la France, celui de votre dynastie me commandent , avant tout , d'être prévoyant et vrai. D'un instant à l'autre , tout peut être compromis par ces ménagements , qui ajournent la détermination qu'exi-

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gent les grandes et difficiles circonstances où nous sommes. Est - ce ma faute si je suis le seul qui tiens ce langage de dévouement à votre ma* jesté ? si ceux qui Tentourent et qui pensent comme moi , craignant de lui déplaire et voulant la ménager quand' elle a déjà tant de sujets de contrariétés y n'osent lui répéter ce qu'il est de mon devoir de lui dire ? Quelle gloire , quel avantage peut-il y avoir pour moi k prêcher, à signer même cette paix , si toutefois on parvient à la faire ? Cette paix , ou plutôt ces sacrifices ne seront-ils pas pour votre majesté un étemel grief contre son plénipotentiaire ? -fi/e/i des gens en France , qui en sentent aujourd'hui la. nécessité , ne mè la Teprocheront4ls pas six mois après qu'elle aura sau\^é votre trône ? Comme je ne me fais pas plus illusion sur ma position que sur celle de votre miijesté , elle peut m'en croire; je vois les choses ce qu'elles sont et les conséqiiences ce qu'elles peuvent devenir. .,....»

M, le duc de Vicence écrivit de nouveau à l'empereur le 6 mars : t La question qui va se décider est si importante , elle peut d'un instant à l'autre avoir tant de fatales conséquences, que je regarde comme un devoir de revenir encore, au risque de lui déplaire, sur ce que j'ai mandé si souvent à votre majesté* Il n'y a pas de faiblesse, dans

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