IIV. II, CHAP. VIII
mon opinion , sire; mais je vois tous les dangers qui menacent la France et le trône de votre majesté , je la conjure de les prévenir : il faut des sacrifices ; il faut les faire k temps^ Comme à Prague , si nous n'y prenons garde , l'occasion va nous échapper. La circonstance actuelle a plus de ressemblance avec celle-là que votre maj^té ne le pense peut-être : à Prague , la paix n a pas été faite , et TAutriche s'est déclarée contre nous parcequ'on n'a pas voulu croire que le terme fixé fût de rigueur. Ici les négociations vont se rompre , parceque Ton ne se persuade point qu'une question d'une aussi grande importance puisse tenir à telle ou telle réponse que nous ferons , et à ce que cette réponse soit faite avant tel ou tel jour. Cependant plus je considèi'e ce qui se passe , plus je sms convaincu que si nous ne remettons pas le contre-projet ' demandé , et qu*îl ne contienne pas des modifications aux bases de Francfort, tout est fini. J'ose le dire comme je le pense , sire , ni la puissance de la France ni la gloire de votre majesté ne tiennent à posséder Anvers , ou tel autre point des nouvelles frçntières »
> Pourquoi M. le duc de Vicence n'a- 1 -il pas remis le contreprojet lorsqu'il avait carte blandie ?
564 WA^POLiON ET l'eUROPE.
M. le duc de Vicence avait raison de presser l'empereur Napoléon de faire la paix ; mais encore une fois , pourquoi donc M. le duc de Vicence ne l'a-t-il pas signée , cette paix , quand il en avait les ppuvoirs, et qu'elle lui était offerte? Assurément lorsque Napoléon lui donna carte blanche^ il était disposé aux plus grands sacrifices , il eut accepté même les anciennes limites de la France. Cela résultait des pleins-pouvoirs , cela résulte encore de la lettre du 17 février: « Je vous ai donné carte blance , dit l'empereur, pour sauver Paris et éviter une bataille où étaient
les dernières espérances de la nation
La bataille a eu lieu
J'ai fait quarante mille prisonniers
Votre attitude doit être la même; vous devez tout faire pour la ps^ix .*.... Mais mon intention est que vous ne signiez rien sans mon ordre. . ,\ ....... Je ne désire qu'une paix SO'
lide^ et elle ne peut être telle que sur les basesproposées à Francfort. Avant cettQ lettre ,1e ministre pouvait donc signer sans les ordres de Napoléon. Depuis sa victoire Napoléon ne veut plus d'une paix qui ne serait pas basée sur les propositions de Francfort : avant sa victoire , il consentait donc à d'autres bases, il consentait donc aux anciennes limites, M. le duc de Vicence devait