‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 89 sur 139 · LIV. II, CHAP. VIII. sSy · texte numérisé non relu

LIV. II, CHAP. VIII. sSy

setf et qui ne serait pas opposée à Tesprit des propositions feiites par les cours alliées ; le terme du 10 mars ayant été, etc., etc. »

a^ Après les mots, quelle place dans la balance de la paix, c ces principes paraissent avoir été trouvés justes par le gouvernement français , à l'époque où il croyait sa capitale menacée par le9 armées alliées, k la suite de la bataille de

Brieime »

Ils ajoutent : « Le plénipotentiaire français n'admit pas seulement, par une démarche confidentielle, les limites de la France , telles qu'elles 'avaient été en 1 793 , comme bases de pacification ; il offrit inéme la remise immédiate de places, dans les pays cédés comme gages de sécurité pour les alliés , dans le cas que les puissances voulussent accéder sur-le-champ à un armistice.

» Les puissances donnèrent une preuve de leur désir de vmr l'Europe pacifiée dans le plus court d^i possible , en se prononçant pour une signature immédiate des préliminaires de la paix.

9 Mais il avait suffi de quelques succès apparents, pour faire changer les dispositions du gouvernement français. »

• Le plénipotentiaire de France observe qu'il parait au moins extraordinaire qu'on ait oublié dmix paaragraphe» dans une pièce préparée depuis

plusieurs jours par les cabinets, et il répond ensuite à la nouvelle déclaration qui lui est faite,

Quant au premier point :

« Qu'il doit regretter vivement que la conduite de MM. les plénipotentiaires des cours alliées, en refusant constamment , malgré ses instances réitérées, d'entrer en discussion avec lui, tant sur leur propre projet que sur le contre-projet qu'il leur a remis, ait été jusqu'à ce moment même si complètement en opposition avec la déclaration qu'ils relatent;

Quant au second :

«r Que ce qui y est dit , relativement à la démarche confidentielle faite par lui , le 9 février , a été suffisamment réfuté; quant au fait, dans les précédentes conférences ; et quant aux nouvelles réflexions qui sont mises en avant, que l'Europe jugera qui de son gouvernement ou des souverains alliés l'on peut, à juste titre, accuser d'avK>ir manqué de modération. En suspendant, sans cause avouée , la négociation à l'époque même dont il est question, en rejetant iavec la condition qui y était émise la proposition , les puissances alliées n'ont-elles pas prouvé que, dans cette circonstance, comme dans tout ce qui a suivi le jour où les bases d'une négociation ont été posées à Francfort par leurs ministres, elles

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ont placé constamment leurs vues sous Finfluence illimitée des événements, loin de tendre, comme elles le disent , avec justice et modération , au rétablissement d'un véritable équilibre de l'Europe. »>

Après cette réponse, dont copie a été remise k MM. les plénipotentiaires des cours alliées , ceux-ci ont déclaré que leurs pouvoirs étaient éteints , et qu'ils avaient ordre de retourner aux quartiers-généraux de leurs souverains.

Enfin , par une dernière note , les plénipotentiaires alliés demandèrent que le pape fût rendu à l'indépendance; et comme l'on pourrait croire que cette demande a eu de l'influence sur le départ du saint-père , il faut déclarer ici , pour réduire à sa juste valeur la sollicitude des alliés , que le pape était déjà parti , et que les alliés et leurs plépotentiaires étaient parfaiteipent instruits de cet événement.

Les conférences terminées, M. le duc de Vicence quitta Cbâtillon, mais presque aux portes de la ville il reçut un courrier qui lui portait de nouveaux ordres de l'empereur. S. M. avait écrit le 1 7 mars de Reims à son plénipotentiaire :

« Je vous donne directement l'autorisation de faire les concessions qui seraient indispensables pour maintenir l'activité des négociations, et arriver enfin à connaître Xukimatum des alliés.... II. 19

SgO NAPOLEON ET l'eUBOPE.

Bien entendu que le traité aurait pour résultat l'évacuation de notre territoire et le renvoi de part et d'autre de tous les prisonniers. »

M. le duc de Vicence continua sa route.

Arrivé à Joîgny le 3 1 mars, il écrivit au prince de Metternich pour lui dire que les lettres qu'il avait reçues en chemin augmentaient tous ses regrets , qu'elles ne lui laissaient pas de doute sur la possibilité qu'on aurait eue de s'entendre à Châtillon. Il est fâcheux qu'après avoir reçu ces lettres, M. le duc de Vicence n'ait pas rebroussé chemin.

Enfin M. le duc de Vii^ence, rendu au quartiergénéral de l'empereur , reçoit de nouveaux pouvoirs pour négocier et signer la paix avec les ministres alliés. Il prévient le prince de Metter^ .nich , par sa lettre du â5 mars , qu'il est prêt à se rendre au quartier-général des alliés, et qu'il attendra la réponse du prince aux avant-postes.

Cette dernière démarche fut infructueuse : les alliés n'ont jamais voulu la paix que lorsqu'ils doutaient du succès de leurs armes ; on a vu leur conduite dans les négociations , on a vu le respect qu'ils ont eu pour leurs propres conditions. Ils posent des bases à Dresde , Napoléon les admet ; les alliés ne répondent pas : Napoléon accepte les propositionB de Francfort , les alliés les

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