‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 90 sur 139 · LIV. II, GHÂ.P. VIII · texte numérisé non relu

LIV. II, GHÂ.P. VIII

retirent ; ils en font d'autres à Châtillon. Les conférences se rompent; mais Napoléon donne des pouvoirs pour les reprendre et signer la paix . Les alliés gardent le silence: alors ils comptai ent sur leurs masses ; ils comptaient sur les consp irateurSy sur les défections.

Mais pendant quelques jours les alliés auraient signé cette paix à Châtillon, parcequ'elle rédui-. sait la France à une force moindre que celle des grandes puissances , parcequ'alors leurs armées étaient battues, et qu'ils se croyaient moins près de Paris que de l'Allemagne.

Napoléon devait accepter cette paix , ou plutôt on devait l'accepter pour lui. Il est vrai que bien des gens en France en eussent fait le texte de leurs déclamations: mais une paix faite avec TEurope aux portes de Paris consolidait la dynastie impériale; mais une constitution libérale, offerte aux peuples, aurait calmé des passions mal éteintes. Alors Napoléon pouvait tout attendre du temps , les Alpes et le Rhin se seraient rapprochés de la France.

ags NAPOLEOir et h Europe.

Déclaration de FrancforL

Francfort, le i*' décembre i8i3.

Le gouvernement français vient d'arrêter une nouvelle levée de trois cent mille conscrits. Les motifs du sénatus-consulte renferment une provocation aux puissances alliées. Elles se trouvent appelées à promulguer de nouveau à la face du monde les vues qui les guident dans la présente guerre , les principes qui font la base de leur conduite , leurs vœux et leurs déterminations.

Les puissances alliées ne font point la guerre à la France, mais à cette prépondérance hautement annoncée , à cette prépondérance que , pour le malheur de l'Europe et de la France, l'empereur Napoléon a trop long- temps exercée hors des limites dé son empire.

La victoire a conduit les armées alliées sur le Khin. Le premier usage que LL. MM. IL et RR.

en ont fait a été d'offrir la paix à S. M. l'empereur des Français. Une attitude renforcée par Taccession de tous les souverains et princes d'Allemagne n'a pas eu d'influence sur les conditions de la paix. Ces conditions sont fondées sur l'indépendance de l'empire français comme sur l'indépendance des autres états de l'Europe. Les vues des

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