‹ Napoléon et l'Europe; TilsitChapitre 10 sur 185 · Albert Vandal, Louis XV et Elisabeth de Russie · texte numérisé non relu

Albert Vandal, Louis XV et Elisabeth de Russie

Saint-Empire. Aussi convenait-il de garder un système d'alliances qui avait fait ses preuves.

Quant à la Russie son régime politique était encore bien instable. Le xvrae siècle futpour elle un siècle de dissensions intestines, de révoltes populaires et de révolutions de palais. ibeth en 1741, Catherine II en 1767., n'arrivèrent au pouvoir que par des coups de force. Quelle confiance mettre dans un gouvernement aussi mal assuré? D'ailleurs Catherine II ne montra pas les mêmes dispositions que Pierre le Grand à un rapprochement avec la cour de Versailles.

Enfin, pour la France si délicatement cultivée du xvmc siècle, la Russie était toute barbare, plus asiatique qu'européenne, confondue avec les Tartares, les Kalmoucks et les Mongols : les manières de Pierre le Grand lui-même, lors de son voyage en Occident, n'étaient pas pour corriger cette impression. On mettait généralement en-deçà de la Russie les limites de « l'Europe ». Napoléon ne devait pas avoir une autre opinion.

Il ne convenait donc pas d'abandonner pour cette « inconnue » une politique dont les avantages étaient indéniables et anciens. Il faut l'épreuve des générations successives pour modifier les traditions politiques, diplomatiques ou autres. Le temps n'était pas encore venu que la Russie fût à son tour notre barrière de l'Est, comme elle l'est devenue depuis, dans des conditions fort comparables h celles où se trouvaient à notre égard autrefois la Suède, la Pologne et la Turquie.

Ce n'est pas à dire d'ailleurs qu'il soit nécessaire, même aujourd'hui, de rompre tous liens avec la Turquie, ou avec la Pologne renaissante, ou même avec la Finlande fidèle à sa culture suédoise.

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