‹ Napoléon et l'Europe; TilsitChapitre 135 sur 185 · Cf. A. Vandal, I · texte numérisé non relu

Cf. A. Vandal, I

2. Voir J. Vidal de la Blache, La régénération de la Prusse après Iéna, p. 260-261 . 38o-38i.

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avaient été vaines : on sait pour quelles raisons de politique générale, relatives à l'Autriche et à la Russie, Napoléon voulait laisser ses troupes en Prusse.

En apprenant les événements d'Espagne, le gouvernement de Berlin espéra que le moment de la délivrance était venu, que l'Empereur allait être obligé de prendre une décision sur le sort de la Prusse. Le roi écrivit à son frère , le 1 2 août, pour presser cette solution : il devait offrir à l'Empereur une alliance offensive et défensive; en échange de l'évacuation du territoire prussien, il promettait un corps auxiliaire, qui ne pourrait être employé qu'en Allemagne ; l'Empereur ferait remise d'une partie des contributions et accorderait des termes pour le reste1. Tout cela d'ailleurs n'était que pour obtenir l'évacuation et cacher les véritables dispositions de la Prusse.

Napoléon n'accepta pas l'alliance de la Prusse; sans doute 1 avait du mépris pour elle, et estimait n'en avoir pas besoin ; une alliance en outre l'aurait obligé à rappeler toutes ses troupes, il n'y était pas prêt. Et puis il voulait tenir la Prusse en surveillance, n'étant pas dupe de ses avances.

L'eût-il été un tant soit peu que la lettre de Stein au prince de Wittgenstein eût dissipé ses illusions : « L'acharnement en Allemagne augmente tous les jours, et il est à conseiller de le soutenir et répandre parmi le peuple ; je désire beaucoup que les liaisons en Hesse et en Weslphalie soient conservées. Les événements de l'Espagne font une grande sensation et démontrent ce que peut faire une nation qui a de la force et du courage. . . On considère chez nous la guerre avec l'Autriche comme inévitable : ce combat décidera du sort de l'Europe et par conséquent du nôtre. »

Malheureusement, cette lettre tomba entre les mains de Napoléon ; il en éprouva une grande colère, sans doute sincère; il inséra le document au Moniteur, et le gouvernement

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