Corr. de Napoléon, XIX
genfurt, valant 200.000 âmes. C'est donc un million de différence entre vos propositions et mon ultimatum. »
Il fut encore un moment question de l'abdication de l'empereur François II, Napoléon ayant déclaré que, s'il voulait abdiquer en faveur du grand-duc de Wurzbourg, il laisserait l'Autriche intacte « et dans son indépendance actuelle », faisant avec lui une alliance « qui nous mettra à même de finir les affaires du continent. » — « Je veux avoir affaire à un homme, disait-il encore, qui ait assez de reconnaissance pour me laisser tranquille ma vie durant. Les lions et les éléphants ont souvent montré, dit-on, des preuves frappantes de la puissance de ce sentiment sur leur cœur. » Il se plaignait que la maison d'Autriche n'eût jamais voulu d'alliance avec lui : « Deux taureaux qui veulent coucher'avec l'Italie et la Germanie... »
Metlemich soutint un moment la discussion sur l'éventualité de cette abdication. Il demanda, pour ce cas, la restitution du Tyrol, et des garanties d'une indépendance réelle : l'Autriche serait-elle alors vraiment libre ? Comment l'empereur Napoléon comprenait-il le traité d'alliance qui l'unirait à la France ? Serait-elle dégagée de l'obligation d'une réduction militaire ? Ne serait-elle pas appelée à entrer dans la Confédération du Rhin ?
Puis il annonça que la jeune impératrice d'Autriche montrait la plus grande répugnance à abdiquer, et que l'empereur ainsi n'y était plus disposé. On ne s'attarda pas davantage à celte combinaison.
Il fallut donc en revenir à l'ultimatum.
Quelques notes extraites des Archives des Affaires Étrangères de France jetteront de la lumière sur les idées qui inspiraient la politique française en dictant ces conditions :
« Cette paix, écrivait Maret, doit être au moins égale à celle de Presbourg. Les conditions de "cette paix ont été con-