Article i5 du traité de pais
Allemagne ou ailleurs, des traits delà politique traditionnelle de l'ancienne monarchie ; il faudrait remonter loin pour atteindre les origines des relations de la France avec la Bavière, la Saxe el la Pologne.
Mais ce qui était pour les rois de France une condition de l'équilibre européen, est devenu pour Napoléon un moyen de conquête impériale et de domination universelle ; les vieilles formules de la diplomatie française en furent défigurées et trahies au point que la politique royale et la politique impériale ne présentent plus guère que des contrastes.
Car l'Europe de Tilsit a plus de ressemblance avec l'Europe carolingienne qu'avec celle des temps modernes. L'empire, dont l'empereur de Russie reconnut l'existence, ce fut un empire d Occident1 ; il eut la ligne générale de ses frontières marquée par l'Elbe et la mer Adriatique ; mais en outre il eut des pointes avancées par Varsovie et la Dalmatie, et c'est par ces tendances vers l'Orient que l'empire de Napoléon se distingua toujours de l'empire de Charlemagne et le dépassa dans le sens d'une reconstitution de l'empire romain de la Méditerranée.
Car Alexandre de Russie n'eut pas l'Orient. Quoi qu'aient pu crier les grenadiers delà garde aux revues et aux banquets de Tilsit, s'il avait reconnu Napoléon pour empereur d Occident, Napoléon n'avait pas fait de lui un empereur d'Orient.
Il occupait les bouches de Cattaro depuis plus d'un an ; par le premier article secret, il les laissa à la France. Il avait depuis 1801 le protectorat des Iles Ioniennes avec Corfou, et il avait fait de Corfou une puissante forteresse russe; par le second article secret, il consentit qu'elles fussent possédées en toute propriété et souveraineté par l'empereur Napoléon. Il s'engagea à rappeler de la Méditerranée toutes les forces navales qui s'y trouvaient.