‹ Napoléon et l'Europe; TilsitChapitre 73 sur 185 · A. Vandal, 1, 87. ioa-io · texte numérisé non relu

A. Vandal, 1, 87. ioa-io

LES TRAITES ig3

Ces sacrifices étaient importants pour la Russie, dans une telle direction, au lendemain du règne de la grande Catherine, au moment même où le trône du sultan était ébranlé par la Révolution. L'empereur Alexandre consentait à s'écarter de la Méditerranée et à y laisser l'empereur des Français.

C'était comme la fin d'une politique séculaire, devenue en Russie la politique nationale. On comprend que les traités de Tilsit y aient été profondément impopulaires, et encore les articles secrets n'en furent-ils connus que plus tard, lors de leur exécution. On comprend que le tsar ait pu dire au roi de Prusse que ces traités leur étaient aussi onéreux à l'un qu'à l'autre '.

Il est bien injuste de reprocher à Napoléon d'avoir abandonné, trahi la Turquie, d'avoir sacrifié cette alliée dévouée à l'alliance trompeuse de la Russie : « tache ineffaçable qu'il a faite à sa glorieuse mémoire », s'écrie l'historien Armand Lefcbvre".

Il serait plus juste de dire que Napoléon a sauvé la Turquie.

Il faut considérer en effet que plus d'un siècle après Tilsit, la Russie n'a pas encore replanté la croix grecque sur l'église Sainte-Sophie de Constantinople, qu'après avoir marché si vite sur le chemin de Byzance, elle n'y a fait depuis aucun progrès sensible, et que Napoléon doit y être pour quelque chose. Il faut rappeler les articles secrets précédemment cités qui refoulent la Russie dans ses steppes. Il faut ajouter que l'article 21 du traité public spécifie la cessation de toutes hostilités entre la Russie et la Porte, que l'article 11 comporte l'évacuation de la Moldavie et de la Valachie par les troupes russes : il est vrai que les troupes turques n'y pouvaient pas rentrer avant la conclusion de la paix définitive

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