‹ Napoléon et la paixChapitre 28 sur 148 · LE CHEF DIX GRAXD PAYS · texte numérisé non relu

LE CHEF DIX GRAXD PAYS

lités (1). w Rien n'y fit. Il falJul bien se résoudre à rappeler le général Andréossy, noire ambassadeur à Londres. Lord Wbit- «orth arrivait à Douvres le 17 mai, et Andréossy s'embarquait pour la France le 18, laissant derrière lui Portails qui devait le suivre (2).

On a pu, d'après le récit des négociations, vérifier que le Premier Consul exprimait la stricte vérité lorsqu'il disait dans son message au Sénat : '; Le siècle présent et la postérité verront tout ce que le gouvernement français a fait pour mettre un terme aux calamités de la guerre, avec quelle modération, avec quelle patience il a travaillé à en prévenir le retour. En vain la France a invoqué la foi jurée, en vain elle a rappelé les formes reçues parmi les nations; en vain elle a consenti à fermer les yeux sur l'inexécution actuelle de l'article du traité d'Amiens dont elle prétendait s'affranchir. Vainement enfin elle a proposé de réclamer la médiation des Puissances qui avaient été appelées à garantir et qui ont garanti en effet la stipulation dont l'abrogation était demandée ; toutes les propositions ont été repoussées et les demandes de l'Angleterre sont devenues plus impérieuses et plus absolues (3). »

Et maintenant que le signal de la guerre est donné, nous allons voir Xapoléon sortir de cette attitude humiliante où il s'est usé pendant des mois à épuiser l'un après l'autre, parfois aux dépens de sa dignité personnelle, tous les moyens de conjurer les malheurs qui vont fondre sur l'Europe; nous allons le voir relever fièrement la tête, comme il convient au chef d'un grand pays; prendre avec une énergie farouche et infatigable toutes les mesures propres à assurer le succès de ses armes. Le diplomate malheureux va faire place au général le plus avisé dont les annales militaires fassent mention. Finalement il sera

(1) Journal de Paris du lY mai 1803.

(2} lùid. du 22 niai 1803.

(3) Coirespomlance de Napoléon l", VIII, 319.

écrasé par le poids de tous les peuples de l'une des cinq parties du monde ligués contre lui; mais, grâce à son génie, il laissera dans les plis du drapeau Irançais plus de gloire que n'en purent jamais conquérir, en un tel laps de temps, toutes les armées d'Europe.

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