‹ Napoléon et la paixChapitre 74 sur 148 · SOLLICITATIONS RUSSES ET FRANÇAISES A BERLIX · texte numérisé non relu

SOLLICITATIONS RUSSES ET FRANÇAISES A BERLIX

du commandement d'une armée de quatre-vingt mille soldats russes auxquels se joindraient douze mille Suédois et les débris de l'armée hanovrienne (1).

Pour un homme qui n'aimait pas à voir ses frontières garnies d'armées étrangères, Frédéric-Guillaume se trouvait maintenant assez mal partagé. Ce n'était guère la peine, en vérité, d'avoir obtenu dernièrement le retrait de douze mille Français pris dans la garnison de l'Électorat. Encadrée par les forces énormes de la coalition d'un côté et de l'autre par les renforts que la France ne manquerait pas d'envoyer en Hanovre, la neutralité prussienne était bien précaire. Forcément, quoi qu'il advînt, cette situation ne se dénouerait pas sans que le roi de Prusse se fît un ennemi de l'un des deux camps. C'était la conséquence de la faute commise à l'origine du conflit. Il aurait fallu, dès la rupture du traité d'Amiens, prendre parti soit pour l'Angleterre en s'opposant l'épée au poing à l'invasion du Hanovre, soit pour la France en s'alliant à elle et en courant toutes ses chances. L'Electoral devenait l'échancrure par laquelle la Prusse serait fatalement entamée. Comme la lutte décisive allait avoir pour théâtre la Bavière, les Russes ou les Français, qui en nombre considérable se tenaient en respect sur les bords de l'Elbe, ne reculeraient certainement pas les uns ou les autres devant la nécessité de franchir la Prusse pour voler au secours do leurs frères d'armes vaincus. La résolution de traverser le territoire prussien était prise de longue date par la Russie. L'article XI de son traité avec l'Angleterre mentionne que les troupes russes se rapprocheraient de la France à travers les Etats autrichiens et prussiens (2). Pour remplir ce programme, « le général russe Michelson avait reçu l'ordre, immédiatement après son entrée en Prusse, d'en informer les autorités militaires prussiennes les plus rapprochées et de poursuivre sa marche. Dans le cas où

(1) Comte DE Garden, Histoire des traités de paix, VIII, 306.

Page 1