LA SCEXE DES TOMBEAUX A POTSDAM
La signature eut lieu au château de Potsdam, dans la chambre d'Alexandre (1). Nous aurons à revenir sur ce traité qui fut caché soigneusement et même nié à Naj)olcon en différentes occasions, jusqu'au jour où le hasard fit tomber entre ses mains la preuve irréfragable de la fourberie et de la perfidie du souverain dont il avait recherché l'alliance avec dévotion pendant près de sept ans.
Heureuse d'avoir enfin réalisé ses propres ambitions et d'avoir procuré à l'empereur Alexandre le plaisir d'une réussite, la Reine, fière et triomphante de son œuvre, voulut l'affermir le plus possible, car elle savait que la signature du Roi n'avait pas toujours été une solide garantie d'exécution. Afin de rendre cette fois l'engagement plus efficace, on jugea que le meilleur moyen serait assurément que toute rétractation apparût dans l'esprit du Roi comme un sacrilège. Dans ce but la reine Louise, donnant carrière à son imagination romanesque, inventa une scène d'un mysticisme impressionnant. La veille du jour où Alexandre quitta Potsdam, le 4 novembre, on vit eu la nuit profonde trois ombres silencieuses passer sous les arbres séculaires des jardins du Château. C'étaient l'empereur de Russie, le roi et la reine de Prusse.
Sortis du parc, ces trois personnages longèrent une rue étroite et, après un détour, se trouvèrent sur une petite place en face du clocher gothique très simple, très modeste de l'église dite de la Garnison. Ils pénètrent dans l'édifice, allument des torches qu'ils tenaient sous leurs manteaux, traversent la nef en toute sa longueur et franchissent une porte exiguë. A la lueur jaunâtre, fumeuse de la résine, ils distinguent deux cercueils de bois recouverts de cuivre sans ornements, ce sont les tombeaux du Grand Electeur de Brandebourg et du Grand Frédéric. La mémoire de morts aussi illustres aurait mérité mieux que ce
(J) F. DE Martens, Recueil des traités de la Russie, VI; Allemagne, .'567; Ranke, Hurdenbergs eigenlumdige Memoireti, II, 317.
caveau délaissé, aux murailles grises et nues. Cependant, malgré son aspect sordide et mesquin, le lieu sulfit encore à inspirer le respect : sous la voûte basse et sombre, ou se sent comme forcé de s'incliner devant les dépouilles mortelles des fondateurs augustes de la monarchie prussienne, et l'on peut croire que, dans le calme des ténèbres, les visiteurs royaux et leur hôte impérial en ressentirent toute l'émotion.
Cette scène du 4 novembre a été illustrée par la gravure. On y voit, debout autour du tombeau du Grand Frédéric, la reine Louise enveloppée d'une mante noire qui fait ressortir la pâleur de son admirable visage; elle se donne la contenance religieusemeut recueillie qin convient à la gravité de la circonstance. Près d'elle, enflammé d'une foi ardente, Alexandre étend le bras au-dessus des cendres du Grand Frédéric ; le Roi, avec sa haute et lourde corpulence, est en face, les mains tendues également pour échanger avec le Tsar la sainte et inviolable promesse d'une éternelle amitié.
Cette conjuration nocturne avait été, quoi qu'on en ait dit, méditée, organisée par une volonté habile et tenace, désireuse de voir le Tsar emporter de Polsdam l'assurance complète de la fidélité du roi de Prusse qui n'était guère porté à sceller ses engagements par des serments indissolubles. Il eût été malséant de la part de l'empereur de Russie de demander pour la signature royale une consécration aussi imposante que celle du pacte conclu sur les tombeaux. A la Reine seule, à son imagination passionnée, à sa chaleureuse sollicitude pour Alexandre, semble pouvoir revenir la conception de ce coup de théâtre fantasmagorique. D'ailleurs son ingérence et sa responsabilité dans la j)olitique du royaume ne sauraient être mieux affirmées que par elle-même. En 1809, quand la Cour de Prusse, réfugiée misérablement à Kœnigsberg, est sollicitée de reprendre les armes, la Reine écrit à son frère : " Je sais ce que je voudrais, mais je n'en ouvre pas la bouche; mes conseils ont eu des con-
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séquences trop effroyables (1). v Quel qu'eu soit l'instigateur, l'espèce de profanation infligée à la sépulture du Grand Frédéric ne porta pas bonheur à la monarchie prussienne. Moins de deux ans plus tard, la reine Louise éplorée, en deuil de sa couronne naufragée, sera suppliante auprès de Napoléon, Elle n'obtiendra même pas l'intercession d'Alexandre, moins soucieux de se rappeler la foi jurée à Potsdam que de tirer à lui quelques épaves de ce royaume de Prusse. Accablé de malheurs, le Roi promènera autour de ces intrigues son humiliation, ses remords, son désespoir cruel.
Encore sous les émotions de la scène dramatique des tombeaux, Alexandre montait en voiture et partait, à une heure du matin (2), pour Weiraar oii, avant d'aller rejoindre les armées, il faisait une courte visite à sa sœur, la grande-duchesse.
Depuis l'explosion de l'affaire d'Anspach, l'ambassade de France à Berlin était une sorte de lazaret dont personne, par ordre royal, ne pouvait approcher. Xapoléou jugea qu'il n'avait pas besoin de deux diplomates ainsi mis à l'index et, par lettre du 24 octobre 1805, il rappela Duroc. Les succès prodigieux que l'Empereur avait remportés depuis Fouverture de la campagne auraient pu l'inciter à mettre un peu de raideur dans ses actes vis-à-vis de la Prusse, à répondre avec une certaine vivacité aux procédés violents dont ou usait à l'égard de ses représentants. Il n'en fit rien. Il recommanda à Duroc de ne montrer aucun mécontentement et d'expliquer son départ par un motil banal, n'ayant nullement trait aux agissements du Cabinet berlinois. « Demandez au Roi, lui écrit-il, une audience de congé et venez me joindre à Munich. Il vous sera facile de faire comprendre que, dans les circonstances actuelles, j'ai besoin de vous. Le but, d'ailleurs, pour lequel vous êtes à Berlin est manqué, puisqu'il n'est plus question d'alliance. «
(1) Deutsche Riindschai de décembre 1900.
(2) Archives du ininistère des Affaires Etrangères, Prusse, 237.
Enfin il fut prescrit à Duroc de tenir un langage modéré, propre, s'il était possible, à effacer de l'esprit du Roi toute trace d'irritation. Pour atteindre ce but, l'Empereur ne recule pas devant une apologie de sa personne. Faire parler avantageusement de soi, j)resque sous la dictée, par un de ses subordonnés, c'est eu général une vanité puérile • mais présentement, vu l'attitude hautaine de la Prusse, n'est-ce pas plutôt une humilité pénible? Voici les paroles qui, sur l'ordre de Xapoléon, furent prononcées par Duroc, à son audience de congé : « Sire, l'Empereur me mande près de lui. Il voulait écrire à Votre Majesté, pour l'informer de ses succès; mais il n'ose plus, étant vaguement instruit par des bruits d'Allemagne que ses ennemis lèvent la tète à Berlin et triomphent auprès d'elle. Sire, vous avez dans l'Empereur un ami capable de venir des extrémités du monde à votre secours. L'Empereur est peu connu en Europe; c'est plus uu homme de cœur encore qu'un homme politique. Serait-il possible que par une conduite douteuse Votre Majesté voulût s'aliéner un homme d'un si grand caractère et qui lui est si attaché? L'affaire d'Anspach n'est qu'un vain prétexte. 5) Duroc continua sa harangue en exposant à son tour les raisons qui justifiaient l'incursion des Français, puis il terminait par ces mots : « Je conjure Votre Majesté de ne point perdre par une conduite douteuse un ami que la nature a formé incapable de se plier aux menaces et que j'ai toujours connu disposé à tout faire pour plaire à Votre Majesté (1). 5?
L'homme au nom duquel Duroc parlait n'était pas un trembleur des périls de la guerre. Il prétendait être de taille à lutter contre ses adversaires, quel qu'en fût le nombre. Il n'était pas non plus^ à l'heure présente, un vaincu des premières rencontres, un effaré voyant la partie compromise ou perdue. Il n'avait pas encore reçu la nouvelle du désastre de Trafalgar où, par
(1) Corres ijomlance de Napoléon I'\ XI, 352; Raxke, Hardenlergs eigenhàndifje Memoire/i, II, o34.
SENTIMEXTS PACIFIQUES DE XAPOLÉON 377
l'irapéritie de Villeneuve, fut anéantie la majeure partie des forces maritimes de la France. Cette catastrophe, qu'il connut seulement aux portes de Vienne, n'était du reste pas de nature à calmer les ardeurs belliqueuses d'un souverain placé dans la position de Napoléon. Vaincu sur mer, il n'avait que plus de raisons pour s'ellorcer de poursuivre ses succès et d'écraser impitoyablement sur terre la coalition formée aux frais du gouvernement britannique. L'homme dont Duroc était l'interprète avait commencé depuis vingt-six jours les opérations militaires. Durant ces vingt-six jours, dix-neuf combats avaient été livrés et dix-neuf victoires s'étaient inscrites sur les drapeaux de la Grande Armée. Les soldats français avaient traversé triomphalement Munich, Ulm, Salzbourg et Augsbourg. Dans cette dernière ville, le onzième jour des hostilités, arrivait la garde impériale ayant à sa tête quatre-vingts grenadiers qui portaient chacun un étendard pris à l'ennemi. Le désastre d'Llm, la reddition de toute une armée, la dispersion des forces autrichiennes rassemblées sur l'Inn, l'échec des troupes de l'archiduc Charles sur l'Adige avaient ouvert toutes grandes les portes de la capitale de l'Autriche I
Si Napoléon avait été accessible aux sentiments d'orgueil et d'arrogance, l'occasion était belle. Pourquoi aurait-il eu peur de la Prusse? A tout considérer, si elle entrait en lice elle ne ferait que remplacer l'Autriche presque anéantie et, au pis aller, la situation se présentait avec un certain nombre d'avantages. 11 y a moins loin de Munich aux frontières prussiennes qu'il n'y avait de Boulogne à Munich, et la Prusse n'a pas eu comme l'Autriche trois ans pour s'armer en guerre; d'autre part la France a maintenant avec elle la Bavière, le Wurtemberg, le Bade, et la valeur de son armée est doublée par une suite ininterrompue de succès inouïs.
On dira que les protestations amicales de Napoléon étaient des phrases inspirées par la politique du moment, par la néces-
silé OÙ il se trouvait de paralyser l'action de la Prusse pendant qu'il préparait savamment l'éclatante défaite -de l'armée russe combinée avec les débris de l'armée autrichienne. Oui, certainement, toutes ces spéculations nécessaires à un chef d'armée, à un chef d'empire, préoccupaient l'esprit de Napoléon ; mais claient-elles les motifs déterminants de ses démarches pacifiques? Pour que cet argument fût vrai, il faudrait que ces appels à la concorde, ces démonstrations de désintéressement ne se rencontrassent chez lui qu'au jour où l'abstention d'un de ses adversaires est indispensable à la réussite de ses plans de bataille. Or, si nous prenons la campagne actuelle et si nous suivons impartialement les pensées derEiupereiir, nous les verrons toujours égales, toujours disposées dans I <* sens des solutions prochaines avec le minimun d'effusion de sang et alors nous serons convaincus que ses plus célèbres victoires, même celle d'Auslerlitz, sa gloire, son immortalité ont été décrétées en quelque sorte par l'obstination présomptueuse des souverains ses ennemis.
On se souvient de combien d'avertissements, de combien de demandes d'explications, de propositions de désarmement faites à l'Autriche avaient été précédées la levée du camp de Boulogne et la mise en marche de l'armée contre les coalisés. Après la capitulation d'Llm Napoléon, en soldat qu'il était, se sentit plein de compassion pour la malheureuse position du général Mack. Il eut avec lui, à l'iAbbaye d'EIcbingen, un entrelien au cours duquel il lui témoigna une cordiale sympathie. D'après le récit du général Alack, Napoléon lui aurait dit : « Partez pour Vienne et je vous autorise à dire à l'empereur François que je ne désire que la paix et que je suis très fâché qu'elle ait été interrompue. Je veux m'arrauger avec lui, et même à des conditions très équitables. Je traiterai avec la Russie également puisque vous le désirez. Qu'on me dise les propositions des deux Puissances. Je suis anxieux de les savoir.
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Je veux faire des sacrifices, même de grands sacrifices. Je vous déclare encore une fois et vous autorise à le dire à votre souverain que (il me dit encore une fois très distinctement ce que j'ai allégué ci-dessus) il n'a qu'à m' envoyer vous ou le comte de Cobentzel ou quelque autre avec un plénipotentiaire russe pour traiter avec moi. . . »
« Tout ce que j'ai écrit, ajoute le général Mack, je puis l'attester sur ma parole d'bonueur (1). ^
Dira-t-on qu'à cette époque Napoléon cherchait à distraire l'Autriche de la coalition, afin de n'avoir plus à combattre que l'armée d'Alexandre qui s'avançait en bataillons épais du fond delà Russie? L'insinuation est trop naturelle pour qu'elle ne soit pas produite. Mais elle sera réduite à néant dès que nous aurons examiné la conduite ultérieure de Napoléon.
Le 25 novembre 1805, il y a douze jours que l'armée française et sou chef ont fait leur entrée dans Vienne. L'x'lutriche par conséquent ne compte plus pour beaucoup dans le conflit actuel ; on peut la regarder comme une quantité négligeable. Maintenant la France n'a donc plus en face d'elle que la Russie pour ainsi dire. Ajoutons que la partie de l'armée russe qui, sous le commandement du général Kutusoff, s'était avancée sur l'inn, est depuis le mois d'octobre en retraite sous les coups des Français. Eh bien, dans cet état de choses, c'est encore Napoléon qui fait près de l'empereur Alexandre le premier pas pour arriver à un arrangement amiable avant d'en venir aux mains.
On remarquera les termes courtois, voire humbles, respectueux, employés par Napoléon qui, à l'instar d'un vassal ou d'un petit prince, fait débuter sa lettre par le mot " Sire » tandis que le protocole veut la formule « Monsieur mon frère » dans la correspondance de souverain à souverain :
(l) Archives nationales, AF, IV, 1690. (liCltre trouvée à Berlin dans le cabinet de M. de Hauguitz, k- 12 :iovcmbre 1800.)
A l'Empereur de Russie.
Quartier impérial, Briinn, 25 novembre 1805.
« Sire, j'envoie mon aide de camp, le général Savary, près Votre Majesté, pom* La complimenter sm* son arrivée à son armée. Je le charge de lui exprimer toute mon estime pour Elle et mon désir de trouver des occasions qui lui prouvent combien j'ambitionne son amitié. Qu'elle le reçoive avec cette bonté qui La distingue et me tienne comme un des hommes le plus désireux de Lui être agréable.
« Sur ce, je prie Dieu qu'il veuille avoir Votre Majesté en sa sainte et digne garde (l). ■>■>
Depuis que le temps des guerres de magnificence est passé, on n'a plus l'habitude de se souhaiter avec autant d'urbanité la bienvenue sur les champs de bataille. Il fallait donc que Napoléon eut une autre intention qui peut aisément se dégager du simple récit des faits. « L'empereur Napoléon, dit le duc de Rovigo dans ses Mémoires, me fit appeler à la pointe du jour. II venait de passer la nuit sur ses cartes ; ses bougies étaient brûlées jusqu'aux flambeaux. Il tenait à la main une lettre. Il fut quelques moments sans me parler; puis tout à coup il me dit : « Allez-vous-en à Olraiitz ; vous remettrez cette lettre à l'empe- « reur de Russie et vous lui direz qu'ayant appris qu'il était « arrivé à son armée, je vous ai envoyé le saluer de ma part. 5) Arrivé au quartier impérial russe, Savary vit une foule de jeunes Russes attachés aux différents services ministériels de leur pays. Ils parlaient à tort et à travers de l'ambition de la France et, dans leurs projets de la réduire à l'état de ne pouvoir plus nuire, «ils faisaient tous le calcul de Perrette et du pot au lait. 5»
(1) Coirespondance de Xapo'éon l",W, ViQ.
AVANT AISTERLITZ 381
Le Tsar, ayant reçu des mains de Saiary la lettre de Napoléon, rentra chez lui pour en prendre connaissance. Il revint après une demi-heure, « tenant sa réponse, l'adresse en dessous. » Il entama alors une assez longue conversation avec Savary. Alexandre avait très bien compris que, dans la mission du général français, il s'agissait d'une ouverture de paix; mais il déclara ne pouvoir rien faire que d'accord avec l'empereur d'Autriche. Celui-ci, d'ailleurs, avait dit aussi qu'il ne traiterait pas sans l'empereur de Russie, lorsque la question de paix avait été posée par Napoléon aussitôt après Ulm (1). Alexandre laissa entendre à Savary que la première condition delà paix serait que l'Autriche ne fût pas amoindrie. Cette prétention était singulière. Ainsi l'Autriche aurait provoqué une guerre, aurait fait perdre à l'armée de Boulogne le bénéfice éventuel d'une descente en Angleterre; tous les intérêts de la France auraient été bouleversés ; des vies humaines auraient été sacrifiées, et l'on érigeait en principe qu'on laisserait intégralement à l'auteur responsable de ces maux les moyens de recommencer à bref délai !
Savary, n'ayant pas de mandai pour aborder ces questions, n'en parla qu'évasivement et le dialogue tomba. Le Tsar lui remit enfin la réponse dont il (enait toujours l'adresse en dessous ; « Voici ma réponse, dit-il ; l'adresse ne porte pas le caractère que votre maître a pris depuis. Je n'attache point d'importance à ces bagatelles ; mais cela est une règle d'étiquette et je la changerai avec bien du plaisir aussitôt qu'il m'en aura fourni l'occasion. «
Savary lut l'adresse qui consistait en ces mots : « Au chef du gouvernement français. « C'était d'un mauvais augure pour l'essai de rapprochement tenté près de l'empereur de Russie. Cette suscription, déplacée par elle-même, devenait une inconvenance gratuite, presque méchante, quand elle était remise
(1) Correspondance de Napoléon I", XI, 385.
entre les mains d'un subordonné. Sans s'arrêter à cette petite égratignure faite à son amour-propre, Napoléon prit connaissance de la lettre d'Alexandre. Elle était ainsi conçue :
» Olmiitz, le 27 noi/embre 1805*.
« J'ai reçu avec bien de la reconnaissance la lettre dont le général Savary a été le porteur et je m'empresse de vous en exprimer tous mes remerciements. Je n'ai pas d'autre désir que de voir la paix de l'Europe rétablie avec loyauté et sur des bases équitables.
« Je souhaite en même temps avoir l'occasion de pouvoir vous être agréable personnellement. Veuillez en recevoir l'assurance, ainsi que celle de ma plus haute considération.