Annexes n^ 8. Lettres de Talleyrand, 362-3, n
Cependant, avec les Polonais, l'empereur procédait toujours de la même façon énigmatique et continuait à les encourager.
Neyman d'un côté, le comte Potocki de l'autre, recevaient des avis que les dispositions étaient prises, que tout le monde était prêt à exécuter les ordres de Napoléon ^ La police de Varsovie rapportait (8 mai) qu'à Krasnorossie, « les paysans que les Russes prennent de force, ainsi que les individus qui, autrefois ont servis en Pologne, ou ceux enfin qui pourraient être soupçonnés de patriotisme, sont tous envoyés à l'armée qui est contre les Turcs ^ >> L'abbé Kollontay, qu'on tenait toujours pour le chef du parti radical patriotique, était arrêté ^ Trzecieski écrivait à Horodyski le 18 mai (la lettre parvint le 16 juin) : « Nous avons attendu l'heure du secours annoncé avec une impatience qui égalait la dignité de cette affaire et nous avons poussé les préparatifs jusqu'à l'extrême. On ne peut demeurer plus longtemps dans une pareille situation, bien que notre but réel soit de tenir cachées les intentions des entreprises communes devant l'ennemi ; il est impossible que les Moscovites ne se doutent des conséquences de ce qui leur adviendra si le destin suit son cours. Entièrement et seules, leur impuissance et la peur les empêchent de renouveler les violences des gouvernements précédents. » 11 parlait ensuite des mouvements parmi les paysans et il demandait l'envoi de la moitié ou du tiers de ce qu'on avait promis ; mais, ajoutait-il, il faut des ordres formels du Gouvernement, des armes, « qui manquent même à nos ennemis, et l'armée de Michelson sera détruite par l'effort réunis des Turcs et de l'insurrection *. » Le comte Tarnowski était venu à Varsovie pour offrir les services de la noblesse de Volhynie.
Il fallait se prononcer. Les événements avaient cependant marché depuis le moment où l'Empereur songeait à unediver-
1. Aff. Eir. Pologne Corresp., 324 : f' 108. Lettres de Talle>jmn<L 380, n'^ 271 ; 4i9, n« 302.