‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 11 sur 182 · Ségur, II · texte numérisé non relu

Ségur, II

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lion en Polo^'ne devait entraîner des mouvements en Galicie et dans les provinces polonaises de la Russie. Les difficultés allaient se multiplier, surtout dans le cas où il ne serait pas (|uestion de détruire la Prusse.

Ces ditTicultés ont divisé les ministres de Napoléon. < Talleyrand, vieux et usé. soupirait après son hôtel de Paris et se souciait peu d'une promenade d'hiver en Pologne; il s'y montra contraire: Maret pensait qu'on pouvait en faire l'essai parce qu'il y voyait d'immenses avantages et des chances de surrès'. » I.e même désaccord régnait dans les rangs des généraux : Burlhier et Lannes étaient contre la campagne polonaise, tandis que Davout, Savary et Murât l'approuvaient -.

Il laut donc considérer la conversation avec Comeau cuimm» le premier indice du parti que l'Empereur allait prendre à l'égard de la Pologne. Ce n'est (ju'à Charlotteaburg qu'il avait médité sérieusement sur les consé(iuences possibles de la victoire d'Iéna et la désorganisation complète de la monarchie prussienne. « Achèverai-je l'anéantissement de la Prusse ou proliterai-je des regrets de son roi ' »? Voilà ce qu'il se demandait lui-môme. Tandis que Napoléon restait indécis et cherchait à résoudre ce problème plein d'obscurités pour lui, en Europe ses vues semblaient déjà évidentes pour tout le monde. Adair écrivait à Stuart ({ue Napoléon veut ériger en Pologne une barrière contre la Russie et qu'il y veut mettre sur le trône .Jérôme après l'avoir marié avec la tille de l'électeur de Saxe \

11 ne s'agissait plus de méditations générales sur un objet depuis longtemps connu, mais d'une étude approfondie de matériaux nouveaux bien définis qui éclairaient la question, à plusieurs points de vue. Les Polonais arrivaient, mettaient à la disposition de Napoléon h.'urs services et leur parfaite connaissance du pays. Dombrowski rejoignit Napoléon à Dessau, bientôt suivi de Wybicki. Les provinces polonaises

1 Jûijiini . iie politique, II, 327.

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