‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 111 sur 182 · Corresp. de Nap., XV, 495, n^ 12.876; 499, n · texte numérisé non relu

Corresp. de Nap., XV, 495, n^ 12.876; 499, n

5. Adair, 253. Lettow-Vorbeck, IV, 472. (Les instructions pour Stutterheim, du 25 juin), p. 473-4. Andreossy à Talleyrand. le 1" juilL 1807. Af. Élr. Autriche, Siippl., 28, f° 80.

Sfutterheim partit donc avec mission d'obtenir une place convenable pour l'Autriche dans les négociations et d'insister auprès d'Alexandre, sur le danger imminent d'une Pologne reconstituée. Napoléon, bien que décidé à ne point toucher à l'état de choses en Autriche, ne voulait pas admettre son représentant à Tilsit. Le voyage de celui-ci fût donc entravé de telle sorte qu'il n'arriva qu'après la conclusion de la paix. Stutlerheim ne vit même pas Alexandre, mais uniquement Napoléon, qui lui exprima sa vive satisfaction au sujet de l'altitude de l'Autriche. Cette dernière avait donc été écartée en fait, et c'est uniquement entre Napoléon et Alexandre que tout s'arrangea.

Napoléon reçut le prince Lobanof le 21 juin avec les honneurs dûs à l'ambassadeur d'un futur allié. Lobanof fût invité au dîner où l'Empereur bût à la santé de son adversaire; il disait qu'il « n'avait jamais eu des vues hostiles à la Russie » et que « la Vistule devait être la frontière véritable et naturelle de cet empire ^ ». Il semble que cette phrase est revenue chez Napoléon plusieurs fois pendant son séjour à Tilsit - ; cependant il faut voir dans ces mots moins une proposition réelle qu'une de ces « belles phrases que j'ai débitées à Tilsit », comme il le disait lui-même, un de ces coups diplomatiques qui devait lui permettre de se saisir d'Alexandre, ce qui eut lieu en effet ^ Sans songer à créer une Pologne indépendante, une nation forte, Napoléon ne voulait cependant pas l'abandonner entièrement, car il voyait en elle un point d'appui sûr en cas d'une nouvelle crise, toujours possible \ C'est en partant de ce principe qu'il entamait les négociations à Tilsit.

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