XIX. Qu'ils nous laissent jouir de la liberté de la presse
XX. Qu'ils fassent établir des écoles militaires et subsister celles déjà établies dans le pays en faisant remplacer les professeurs el les officiers Prussiens qui y sont préposés, par les nationaux ou par les Français.
XXI. Qu'ils ne se tiennent pas à la seule publication des édits et des règlements, dont nous voyons remplis les gazettes. De tous les temps en Pologne nous avons lu de très belles proclamations, mais c'est de la stricte exécution des règlements et des ordres ♦'xhibés que dépend la réussite de notre régénération, tandis que rien ne s'exécute pas rigoureusement. Par leur nonchalance ils fraudent la confiance de S. M. l'Empereur et Roi.
De tous les peuples rendus à l'indépendance par le génie de la •France et nos libérateurs, aucun ne peut attacher autant de prix à sa régénération politique que celui de la Pologne, parce que le court espace de notre esclavage n'aura(it) dû éteindre dans nos cœurs ce feu sacré, dont les descendants des Romains et d'autres nations, qu'éloigne le nombre des siècles de leur splendide origine, n'en sauraient garder qu'une faible réminiscence. Aussi chaque goutte ilu sang français versé à cause de notre indolente apathie, nous accuse et nous rende (sic) coupables à la face de l'Univers et de In postérité. Que l'opprobre et l'ignominie soient le partage de tous •ceux qui s'en auraient pu rendre coupables. Au reste il nous est bien pénible de voir que l'on tâche de toutes les manières de paralyser cet enthousiasme de se porter aux élans du patriotisme qui
l'ont naître et produisent des actions héroïques, si communes aux Français. De voir nos soi-disant magnats, qui durant notre esclavage politique vivaient splendidement, affecter l'indigence et la contrasterd'une marque insolente. D'un autre côté la classe moyenne, qui fournil presque seule au besoin de l'État et de l'armée, se trouvant éloignée des places de distinction et traité(e) avec beaucoup moins d'égards, qu'elle n'était pas du temps où l'on méconnaissait de droit la dignité de l'homme, se consomme dans les regrets et se croit déçue de ses douces espérances. Pourtant à toutes lesépoques qui marquent particulièrement notre décadence, tous les élans sublimes et patriotiques, tous les sacrifices digne(s) d'une meilleure récompense appartiennent exclusivement à la classe mitoyenne et les actes qui seront toujours en horreur à tous ceux qui savent apprécier les bienfaits de l'indépendance ont été l'œuvre de nos magnats. L'époque actuelle les aura pu réconcilier avec^la Nation, ^si toutefois'ils n'eussent pas été trop dégradé(s).
Gomment se fait-il que la présence de S. M. Napoléon le Grand sur le sol de la Pologne, d'un tel héros, que les siècles et l'univers voient apparaître parmi les mortels pour la première fois, n'aura pu exciter dans nos grands les vertus de leurs ancêtres ? Comment se fait-il lorsqu'ils voient que l'ennemi qui le premier avait frappé notre indépendance politique est détruit, néanmoins ils hésitent et tâtonnent dans leurs démarches, ne laissant pas à la partie de la Nation qui n'est pas dépravée de seconder ces armées des héros, ces fils célèbres de la grande Nation, à culbuter notre ennemi le plus formidable ? Pourtant ce sont des hommes d'une semblable trempe qui avaient reçu en partage l'honneur d'entourer le berceau de notre régénération.
Préoccupé continuellement et d'habitude du bonheur de ma Patrie, à la vue que ses fils dénaturés avaient réussis (sîc) les premiers à fixer ses tendres regards, je ne laisse pas de la comparer à ces mères tendres et faibles qui portent ordinairement plus d'attachement pour ceux de ses enfants qui le méritent le moins, tandis qu'elles reçoivent avec froideur les soins de ceux que l'amour filial échauffe.
Devrions-nous être pour toujours privés des bienfaits de notre régénération politique et avoir le regret de voir au timon des affaires, les hommes ineptes, mal intentionnés et même sur
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lesquels pèse le couitoux de la Pologne entière et celui du Dieu lui-niènie, nous suivrons l'exemple de ses enfants dociles et lidèles à la voix de l'honneur et de la patrie.
Les plaintes douloureuses que je verse au sein de V. A. S. sont plutôt d'un fils à un père, que celui d'un simple particulier entretenant un trrand Ministre du premier Héros de l'Univers. Mais je regarde la magnanime et généreuse protection de S. M. l'Empereur et Rni comme celle de l'astre bienfaisante qui échauffe, vivifie et éclaire tout le genre humain ; aussi ne suis-je que trop osé auprès de perst»nn«'s illustres et distinguées, qui nous font jouir |de ses bienfaits.
Ce qui réveille encore notre sollicitude, c'est que, nous trouvant à la veille du moment où l'armée russe, fut-elle encore plus nomiHvnse, sera détruit»^ et, par là, le vaste et beau pays appartenant autrefois à la Pologne, reconquis, partout S. M. l'Empereur et Uoi trouvera le plus grand empressement et des Polonais qui rejoindront les étendards glorieux de ses armées invincibles; mais aussi elle ne manquera pas d»' rt-ncontrer de ces hommes q\ii, vendus de père en fils à la Russie, sont assez artificieux p<iur ((u'on les appréhende.
Mon Prince, nous sommes contemporains de l'époque qui décidera du bonheur des races ta venir, nous étions et le sommes encore témoins des événements dont la longue série de siècles, qui nous avaient précédés, ne nous en rappelle d'aussi importants.
Deux ou trois années de victoires couronneront ce grand œuvre, ((.•nt toute la gloire appartienne (sic) ;iux Français. Le cours pratique de l'histoire de nos jours n'est pas perdu, pour aucune de parties qui y est intéressée. Celle qui est l'ennemie né(e) de l'humanité et se joignait d'àme et de cœur aux Allemands, aux Anglais et aux Russes coalisés hait les Français sous toutes les formes des r.ouvernements, aujourd'hui et là où elle ne peut plus nuire ostejisibb'ment, elle emprunte des couleurs du caméléon. L'autre, qui suit les traces de Mirabeau, de Camille Desmoulins et tant d'autres grands hommes non moins célèbres, et pour qui les paroles remarquables du Héros : « Quand la République française aura de meilleures lois organiques, toute l'Europe deviendra représentative », n'ont pas été perdues, qui se dévoue et opère sincèrement, et pour qui tous les sacrifices sont aisés et faciles.
NAl'(.Li:u.\ Kï LA POLOGNE
C'est celle qui a des droits imprescriptibles, si ce n'.st pas à la ineéminence, du moins à ladoire et àlajouissance des avantages qui sont en quelque sorte de son ouvrage.
J'ai fini et n'ai dit que trop, au grand homme entre les main^ de qui S. M. l'Empereur et Roi avait remis le livre de la destinée des Peuples de la terre.
{Arc/t. \aL A. F. IV, 1687, dos. Pologne, n- :iO.;