‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 15 sur 182 · Mathieu Dumas, XVII · texte numérisé non relu

Mathieu Dumas, XVII

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gaillard, prêtait-il l'oreille aux idées de Jomini? a-t-il trouvé une voie nouvelle?

Napoléon parlait de la Pologne dans son exil, et ce récit nous semble bien véridique : « J'avais besoin du Hanovre et des provinces prussiennes de Saxe, de AVestphalie et de Franconie. Il me fallait aussi Magdebourg. Mais si je posais la couronne de Pologne sur la tête du roi de Prusse, l'indemnité effacerait le regret des pertes; Frédéric-Guillaume, roi de Prusse et de Pologne, serait un plus puissant monarque qu'avant la bataille diéna. L'Autriche n'était pas en mesure de me refuser l'échange de la Galicie contre une partie des provinces Illyrienne^ K » 11 réunissait ainsi les idées de Montgaillard et de Jomini et les fondait en un projet unique, celui de rejeter la Prusse au delà de l'Elbe et de rétablir la Pologne pour la donner au roi Frédéric.

Le plan défmitif que Napoléon portait en germe dans sa tête depuis Berlin, se dessinait et se cristallisait dans son esprit, non seulement sous l'influence des idées énoncées dans les mémoires, mais aussi et surtout des événements qui se déroulaient. Ert'urth, Prenzlau, Stettin, Magdebourg et Lubeck étaient tombées entre les mains du vainqueur. Les généraux, entrés en Pologne, lui envoyaient des rapports, décrivant l'enthousiasme qui y régnait. L'armistice se négociait déjà. Il fallait aller au plus vite à la réalisation de ce qu'il désirait depuis longtemps, c'est-à-dire à la paix générale. Mais à mesure qu'il approchait du but, il comprenait que la Prusse était trop faible pour résister et trop forte pour être considérée comme détruite, que la Russie était prête à entrer en campagne, et qu'il fallait la contenir et l'amener à la paix; c'est à la Pologne que devait incomber ce rôle.

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Napoléon commence par créer à Paris une opinion favorable à la Pologne. Le 13 novembre il envoie le manuscrit de

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