L'affaire de Scipion
a, Stanislas Malachowski à Maret. Varsovie, 21 mars iSOT.
La Commission de Gouvernement m'a chargé de communiquer à Votre Excellence le mémoire du Comte Scipion, domicilié dans le déparlement de Plock, dont le frère a été emprisonné en Autriche et traduit par devant une Commission militaire. Le Gouvernement polonais, se regardant comme émané de l'autorité de Sa Majesté l'Empereur et Roi, et obligé sous ce rapport de veiller à tout ce qui peut la maintenir dans toute son étendue et dans toute son influence, croit qu'il est de son devoir de réclamer l'appui de Votre Excellence en laveur de ce gentilhomme polonais d'une famille distinguée, victime de son dévouement pour le monarque français et pour son armée. La même demande a été faite de la part du Gouvernement à S. A. S. Mgr. le Prince de Bénévent.
J"ai l'honneur etc.
/>, Scipion à la Commission de Gouvernement, le 21. III, (copie)
Le soussigné, propriétaire dans le Département de Plock, a l'honneur de s'adresser à la Commission de Gouvernement et la prier de vouloir bien intercéder auprès de Sa Majesté l'Empereur et Roi dans le fait ci-dessous énoncé.
Des déserteurs de l'armée française ayant passé la frontière autrichienne, furent conduits sous la garde d'un caporal autrichien sur les terres du comte Paul Scipion, frère du soussigné, situées en Galicie dans le cercle de Lublin. Celui-ci, après les avoir reçus
dans sa maison, a cru pouvoir leur reprocher leur défection, contraire à l'honneur de tout militaire. Ce qui sur leur dénonciation^ ayant été regardé par le Gouvernement autrichien comme un délit contre TEtat, servit de prétexte pour le faire enlever de sa maison, le faire mener à Léopol pour y être traduit devant une Commission militaire. Ce cas étant très urgent, le soussigné s'empresse de réclamer l'intervention de la Commission de Gouvernement auprès de Sa Majesté l'Enipereur et Roi, convaincu que la magnanimité reconnue de ce Souverain ne se refusera pas d'accorder sa protection toute-puissante à son malheureux frère et le délivrera ^du danger imminent auquel son zèle l'a exposé.
{Arch. Nat. A. F. IV, 1692, dos. 2. n»* 251 et 262)