Tisons d'Hercule
LA POLOC.?nK et les DÉBITS DE LA UÉVoLUTInX. -rj
V' La nation polonaise est fière de sa nationalité, elle est affligée de la persécution de sa langue.de son nom, et hait l'État qui lui fait ce mal'. > C'est justement ses biens les plus chers que visait le nouveau Gouvernement -.
Après l'administration vénale de Hoym, ce fût Voss qui fut nommé au poste du gouverneur de la Prusse méridionale. Son gouvernement fut plus juste, mais en bas le système d'administration resta sans changements. Si Hoym et Voss. dans certains cas. ne perdaient pas de vue les intérêts des grands propriétaires polonais, Schroelter, nommé gouverneur de la nouvelle Prusse orientale, était tout différent. Celait un homme aux manières « un peu rudes >, d'après l'expression de Boyen^ Mais c'était un homme qui avait un système d'agir, bien que ce système fut intransigeant et détestable pour les Polonais. On savait à quoi s'en tenir à son sujet, on le tenait pour un ennemi à outrance.
Aprèsavoirchassétous les Polonaisdessituationspubliques on voulut sauver les apparences. Dans ce but on autorisa l'admission de Polonais comme membres d'honneur dans les régences et les commissions de justice de district Begierungen und f\reisjust'izcormnissionen..O\\ créait ainsi des institutions etdes postes sans influence et sans aucune portée, qui en outre, à cause des chicanes du gouvernement local, ne devaient jamais être appelées à fonctionner*. La perte subie par les employés chassés s'élevait à 10:2 millions de florins polonais et on ne leur versa qu'une indemnité de 25 millions ". La Prusse méridionale était infestée de fonctionnaires véreux. La « puriûcation » (Reinigungi ne pouvait remédier au mal : la vénalité régnait souverainement. L'administration, absolument sans influence sur les Polonais, ne faisait qu'écrire, ordonner et recourir à la force. Il se forma une classe de scribes, d'administrateurs qui n'étaient point liés avec le bien public. L'administration était absolument sans
1, Lehmann. Slein, II. 81.
2. Askenazy. Les adieux au s:ècle, p. 22 et siiiv .3. Boyen, \, 250,