‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 27 sur 182 · Die Ihemaligen Beamten^ annexe · texte numérisé non relu

Die Ihemaligen Beamten^ annexe

force morale, sans initiative, sous l'entière dépendance du pouvoir central, qui ne comprenait pas et ne voulait pas comprendre les intérêts de cette province nouvellement acquise ' . Ce qu'on faisait en Pologne pour l'entretien de la civilisation, n'était fait que dans l'intérêt des employés (Officianten) prussiens-.

Dans un pays habitué à une liberté complète, presque à l'anarchie, on détruisit toutes les institutionslibérales. La vie publique fut entièrement supprimée. Le Gouvernement prussien aimait à jouer le rôle de protecteur des paysans : cette mesure ne concernait que la noblesse. Mais les levées volontaires de troupes furent suivies de levées forcées et, à la plus grande indépendance, succéda la plus grande oppression. C'est le paysan qui souffrit le plus sous ce nouveau joug, inconnu dans l'ancienne Pologne.

On introduisit enfin les Codes civil et criminel prussiens, absolument contraires aux mœurs et aux lois de la Pologne, à son développement historique et même à ses intérêts. On les introduisait d'un coup pour pouvoir écarter « le doute » et les contradictions qui, selon l'expression du Roi , n'apportaient que l'arbitraire dans l'exercice de la justice ^ L'arbitraire fut écarté, mais l'absence de toute espèce de justice ne cessa pas d'exister. Un certain AYinterfeldt, l'unique avocat peutêtre qui n'était pas vénal à cette époque, n'acceptait pas de plaider les procès des Polonais contre l'État, sa conscience, disait-il, ne lui permettant pas de se charger de causes qui étaient jugées d'avance. C'était pourtant la seule partie de l'administration où l'on trouvait quelques avantages, en comparaison avec l'ancien état de choses.

En détruisant la Pologne, en introduisant de nouvelles institutions et de nouvelles formes de vie publique, en luttant avec la nationalité polonaise, l'État, le Gouvernement prussien se posait en champion de la civilisation moderne, la Pologne était pour lui un foyer d'anarchie, le pays du chaos social où les paysans -serfs succombaient sous le fouet

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