‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 28 sur 182 · Brocker, j · texte numérisé non relu

Brocker, j

LA POLUG.NE KT LES DEBITS DE LA HEV<»Ll TIUN. 21

des seigneurs. C'était la Prusse qui. de l'avis de ses rois, y apportait les lumières de la civilisation et c'est au nom de cette civilisation qu'elle avait non seulement le droit, mais le devoir même de détruire la barbarie polonaise S de protéger et de défendre les paysans contre l'aristocratie.

En réalité il en était tout autrement. L'aristocratie polonaise qui était bien une des causes des démembrements de la Pologne, corrompue par le luxe et efféminée, abandonnait ses terres à des fermiers pour aller en dépenser les revenus dans les pays étrangers, d'oi'i elle ne rapportait que de mauvaises mœurs quelle communiquait à ses compatriotes. Telle l'habitude des jeux de hasard, importée de l'étranger. Une nuit suffisait souvent pour ruiner une famille. L'ennemi acharné des Polonais, Gruner, dit : « La noblesse ne s'occupait que du commerce du blé et des intrigues ; pour acquérir les places publiques, elle n'avait pas besoin d'avoir de l'instruction, mais la naissance et l'esprit de parti suffisaient. L'amour des études sérieuses et la civilisation avaient disparu et le caractère se transforma en arbitraire. Dans la jeunesse elle s'adonnait à des passions violentes, dans la vieillesse à l'avarice -. »

Ayant perdu tout espoir de la possibilité d'une insurrection victorieuse, la grande masse non seulement de l'aristocratie, mais de la noblesse, se renferme dans une existence exclusivement économique. Les voeux, s'il peut être question de vœux, sont d'ordre purement privé. En 1793 elle adresse au Roi une pétition oi^i elle souhaite d'être économiquement incorporée dans l'Étal prussien. La vie sociale, la vienatio-

1. Nous trouvons un tableau intéressant dans une lettre de Lessel du 16 nov. 1793. Rapperswil, autographes , dans laquelle il décrit un bal, donné par le Roi aux Polonais <' Der preussische ïlerr Rriegsrath war so besotîen, dass sieh die Damen musten vorsehen nicht gestossen oder getreten zu werden ".« Die preussische Offîcir(!; -welctie mit ihren steif gekornte Stiefel und starch mit Mehl gepuderte Kopffe sehr schmuzig waren glichen freilich den Russen (même aux Russes!) in der Eleganz nicht. So kamen die Preussen sehr wenig an den Tantz. das sich. es bey nahe in Handel geandiget batte ». Le roi Frédéric-Guillaume II étant chez les Radziwill « so bat er so vil dafon les glaces) gegessen, dass man sich verwundert bat, mit Versicherung, das es dièses in Berlin nicht batte»

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