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nale n'existent pas : on ne s'occupe que des menus intérêts quotidiens. Il n'y aura point de protestations contre la violence, contre les abus ^ Il n'y a plus qu'une classe rurale de propriétaires fonciers fermée et distincte, qui s'adapte aux nouvelles conditions politiques.
C'est aussi la seule classe que le Gouvernement prussien protège. L'aristocratie polonaise vient présenter ses hommages pendant le sacre à Kônigsberg; elle est admise aux réceptions de la cour. Ses fils sont admis dans les écoles militaires et dans les corps de cadets, mais ce qu'elle trouve avant tout, c'est un crédit largement ouvert pour elle à Berlin. Ces prêts sur hypothèques institués spécialement, tout en lui fournissant l'argent liquide, devaient rendre possibles un jour les expropriations légales. L'argent coule donc à pleins flots. Jamais on ne s'était amusé autant à Varsovie que pendant cette période de domination prussienne.
Et le rôle civilisateur de la Prusse? la protection du paysan? on les verra se manifester lorsque les nobles des provinces polonaises demanderont, en 1798, l'abolition du servage. « Nous sommes arrivés à cette conclusion », disaient-ils, « non parce que les charges soient plus lourdes dans cette province, que dans les autres provinces ou pays, mais parce que cette mesure éveillera chez les paysans Vamour de la propriété et de V ordre et fera le bonheur d'une très grande classe d'habitants et par conséquent le bonheur des propriétaires fonciers eux-mêmes...- » Le Gouvernement central ne tint aucun compte de cette pétition. Le Gouvernement s'occupait-il lui-même du sort de ces serfs, voulait-il seul accomplir cette tâche civilisatrice? Pas le moins du monde. Le paysan demeurait le serf de son seigneur, ainsi que sa
1. Grabski, Przeolad polski (Revue polonaise) 1904, t. 152, p. 2U.