Schottmûller
3. Gruner a bien raison en disant : « Cette révolution n'était point imposée. Personne n'osait s'y opposer par paroles ou par actes ». Schottmûller, 125.
maréchaux que Napoléon se faisait une idée de son importance. Chaque nouvelle pesait pour ou contre le plan de la campagne d'hiver qu'il méditait alors. Ce plan, nous le savons déjà, se décida en faveur de la Pologne. Mais nous savons aussi que les rapports étaient non seulement de simples compte rendus de ce qui se passait en Pologne, mais aussi des arguments à l'appui de thèses diiîérentes que défendaient les généraux français. Ces rapports reproduisaient non seulement l'attitude et les dispositions des Polonais, mais ils représentaient aussi les sentiments des Français, leur façon d'envisager la question polonaise. En général, les capitaines français n'étaient pas très favorables à l'égard des Polonais. Grolman raconte qu'à la fin de l'année 1806 ils ne dissimulaient pas leur dédain pour les Polonais et ne les ménageaient d'aucune façon. Ils les rendaient responsables de leur long séjour dans les sables de la Pologne: sans leur appel, disaient-ils, ils ne seraient jamais venus aux bords de la Vistule ^
Lannes surtout n'aimait pas les Polonais. Encore en octobre il écrivait à Berthier : « Je crains beaucoup que cette expédition ne tourne contre nous. D'après moi, il me paraît impossible de rétablir cette nation, à moins d'une guerre extrêmement longue, et encore faut-il supposer que nous aurions du succès - ». Ses sentiments ne devaient pas se modifier et allaient plutôt trouver un semblant de confirmation dans les faits. La route suivie passait par Stettin et Bromberg, pays colonisés en grande partie par les Allemands. Ces derniers restaient fidèles à la Prusse, et Lannes généralisait Cette observation d'autant plus volontiers que, selon lui, il était « impossible de rétablir cette nation, qui est dans une anarchie révoltante et que, si on arme les Polonais, il n'y aura pas de province qui ne se batte contre l'autre... Il paraît que d'ici à la Vistule c'est le pays le plus misérable qu'il soit possible de voir. C'est un véritable désert » ^ Il était déjà près de Thorn, lorsqu'il écrivait le 18 novembre : « D'après tout ce que je vois et les renseignements qui me sont par