Angeberg, 443-4 le 11 nov
qu'il est bien content de cet état des choses à Varsovie et pour mieux souligner son contentement il ordonnait de fusiller dans les 24 heures, u tout noble polonais qui excite les autres à l'insurrection et qui prend une part prochaine ou éloignée à l'insurrection * ». Les Russes étaient près de Varsovie, les Prussiens dans la ville, il ne pouvait donc être question pour l'instant de lutte ouverte. Mais les autorités prussiennes et Bennigsen se rendaient bien compte que l'approche des Français allait en faire éclater et qu'il fallait y voir le « foyer de la révolte^ ». Les autorités, tout en faisant bonne mine aux Varsoviens, s'apprêtaient à évacuer la ville. Tout était en mouvement, on emportait les effets du Trésor, on se disposait à brûler le pont sur la Vistule. La ville restait absolument sans défense. C'est alors que le prince Joseph Poniatowski se décide, « cédant aux vœux des habitants de la ville, mais parfaitement d'accord avec la volonté du Roi, à organiser une garde municipale ^ » . La ville délivrée des Russes et Prussiens, au pouvoir des habitants, était désormais prête à recevoir les Français. Le 27 novembre, le jour même où les Russes quittaient la ville, le général Milhaud faisait son entrée. -Murât arriva le lendemain et Davout le 29 du même mois ^. Le prince Murât, reçu par la municipalité, une foule innombrable d'habitants de la ville et le prince Poniatowski, son chef apparent, était animé des meilleures intentions enrers les Polonais. Il les aimait non seulement parce que son âme chevaleresque ^de Bayard et de Franconi en même temps; se plaisait dans le passé chevaleresque de la Pologne, mais aussi parce qu'il se croyait près du terme de ses désirs. C'était son tour à lui de devenir roi. Il pensait ce que Duroc écrivait plus tard à Junot : « Cette nation veut tenir un chef de nous, un roi Murât leur plaît fort, avec ses panaches et ses unifornàes brillants, mais surtout par sa bravoure, car tu sais qu'elle est de bonaloi"'. » Napoléon jugeanécessaire de le