‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 39 sur 182 · D'Abrantès, IX, 3oO,Toir Annexes n · texte numérisé non relu

D'Abrantès, IX, 3oO,Toir Annexes n

rappeler à plus de modération dans son enthousiasme : « Faites bien sentir que je ne viens pas mendier un trône pour un des miens; je ne manque pas de trônes à donner à ma famille ' ». C'était là une instruction qui en vérité était dirigée non contre les Polonais, mais contre le lieutenant de l'Empereur luimême.

Le *28 novembre celui-ci n'avait pas encore reçu ces instructions. Entraîné par les réceptions faites à Lowicz, à Sochaczew, enivré par la vue de la capitale, il se sentait déjà roi en Pologne. Avec un sentiment sincère et chaleureux il dépeint cette scène d'ivresse et de bonheur du délivrement^ qui ne peut être décrite par aucune plimie. « Je dois parler à V. M. >->, écrivait-il le :28 novembre ^ u de l'enthousiasme qui a éclaté aujourd'hui dans Varsovie à l'approche des troupes de V. M. ; il m'est impossible de vous le dépeindre, je n'ai jamais vu de ma vie un esprit national aussi fortement prononcé. Je suis entré dans cette ville aux cris mille fois répétés de (( vive l'Empereur Napoléon, notre libérateur ». Ces mots sortaient de la bouche de toutes les classes de citoyens; les femmes surtout, delà noblesse et du peuple indistinctement, ne pouvaient conlenirleur joie. Je ne puis mieux vous rendre ce qui s'e^^t passé qu'en vous priant de vous reporter au jour où V. M. reconquit Milan et fît son entrée dans cette ville. Tous demandent des armes, des chefs et des officiers, Kosciuszko est appelé à grands cris; ce nom-là est en vénération dans ce pays; il y jouit d'une confiance générale. Tout le monde fait déjà chercher des chevaux pour se monter, et, lorsque je leur ai dit que Y. M. proclamera l'indépendance de la Pologne lorsque vous verriez 40000 hommes bien organisés, on m'a répondu : « Nous en donnerons 100000, mais que le grand Napoléon ne nous abandonne pas. » Tous nos soldats ont été reçus sur toute la route parles nobles," par les paysans, partout le monde comme des frères... Chaque habitant se disputait les soldats pour les loger chez lui, des sociétés avaient préparé des repas pour les corps d'officiers ; enfin,

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