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lions, des députations,des sollicitations alternaient sans cesse . Après Posen, c'était Varsovie ^ : une nouvelle explosion de joie. Napoléon pouvait bien écrire à Joseph : « les Polonais de toutes les classes montrent le plus grand enthousiasme », mais il pouvait aussi éprouver, en regardant ce qui se passait en Pologne, qu'« il y avait dans ces vives manifestations quelque chose de si irréfléchi, de si excessif, de si mobile, que les Français se prenaient de pitié pour tant d'imprudence et de légèreté-)). Mais si telle élait l'impression produite sur un spectateur qui ne connaissait ni l'état de la Pologne avant l'entrée des Français, ni les instructions de Napoléon, comme Barante, l'historien y voit tout autre chose.
L'enthousiasme qui suivait de près l'explosion de la révolte n'était qu'un acte momentané, le résultat immédiat, mais transitoire de la délivrance toujours espérée, mais inattendue. Les événements se succédaient les uns aux autres avec trop de rapidité; on recevait en Posnanie la fausse nouvelle de la victoire des Prussiens près d'Iéna presque en même temps que celle de l'entrée des armées françaises dans la capitale de cette province ^ Mais au cas même où les événements n'auraient pas été aussi rapides, la délivrance n'aurait pas produit un autre effet. On était délivré du joug, on avait l'espoir d'un avenir heureux. C'était l'effet de la révolution qui n'est toujours que le dernier argument d'une nation opprimée, mais c'était aussi celui des victoires de Napoléon, qui avaient totalement affaibli le gouvernement prussien et de ses excitations. Cette révolution élait une conséquence nécessaire de l'état de choses existant en Pologne, une conséquence inévitable : tôt ou tard l'explosion devait avoir lieu. Elle était aussi le fruit de l'action de Napoléon. Les causes fondamentales et les conditions temporaires se sont réunies pour lier les Polonais avec l'Empereur.
L'explosion, telle que nous l'avons vue, a détruit le régime prussien sur les terres polonaises. Elle avait une autre consé-
1. Gazela poznanska 1806, n°' 101, i02\ Gazeta warszawska i^^^^ n'" 102, 103.