Biaikowski, pp
4i NAPOLÉON ET LA POLOGNE.
quence encore : «toutes les classes de la nation polonaise,^) écrivait Davout à Napoléon* « sont dans le même esprit, et 'presque partout on peut dire qu'ils se sont déjà mis la corde au cou ». Elle a détruit l'ancien Gouvernement, elle a donné une délivrance momentanée, mais elle n'avait encore rien créé de durable, et il était déjà trop tard pour reculer. On ne pouvait plus revenir à l'ancien état de choses, il fallait aller encore plus loin, toujours en avant. Les Polonais état^nt liés jusqu'à la mort avec Napoléon. C'était le seul résultat obtenu pour le moment. La Pologne indépendante, qui était le but de leurs etîorts, était loin d'être conquise, le danger était imminent, l'alliance avec le vainqueur s'imposait.
Ces premiers transports passés, il fallait songer quelle était la politique à suivre et là-dessus les opinions variaient suivant,que l'on s'adresse àtelle outelle autre classe sociale de la Pologne, avant l'entrée des Français ou pendant leur séjour dans ce pays. Quels étaient donc leur attitude, leurs projets, leurs rapports réels avec Napoléon ? Quels étaient enfin les idées de ce dernier, son rôle personnel dans ce qui venait d'être acquis, la part que tenait la politique polonaise dans son plan général ?
Il est certain que si les dispositions des Polonais pour Napoléon s'étaient développées sous l'influence de sa politique, elles n'étaient pas sans exercer de leur côté une certaine influence sursonplan. Cette influence réciproque était d'autant plus forte que Napoléon, comme tant d'autres Français en Pologne, ne connaissait pas assez ce pays. Il écrivait à Murât qu'il suit depuis dix ans les affaires de la Pologne, il recevait depuis longtemps des renseignements sur ce sujet de Sulkowski et d'autres émigrés polonais. En effet, il ne la connaissait pas et à Berlin seulement il commença à comprendre la situa-