Foucart, II
48 NAPOLÉON Eï LA POLOGNE.
gande du clergé, qui semait la révolte depuis le commencement de la guerre parmi la population rurale K Maintenant c'était une haine contre les Russes, une haine bien fondée. Les villages entre la Narew et le Bug ont perdu tout par la retraite des Russes, qui ne se sont pas seulement contentés de leurs enlever leur bestiaux et vivres, mais qui ont encore astreint les jeunes gens au service dans l'armée russe. DeTautre côté de la Narew c'était la même chose. Tous les villages jusqu'à Ostrolenka étaient tellement ruinés qu'on n'y trouvait u ni une botte de foin, ni un grain d'avoine, ni vivres pour les hommes ». La route depuis Czervonka par Pierzanowo et Rozan jusqu'à Dronzdzewo était tellement saccagée que les habitants devaient quitter leurs chaumières. Les villages entre la Skwa et Pissek étaient pillés, le pays restait sans ressources, mais les habitants, malgré les pertes subies et les malheurs infligés, étaient pleins d'assez bonne volonté -. Il serait inutile de rapporter tous les actes de violence des Russes, il suffira, pour caractériser cette « économie russe », de reproduire une lettre de Knesebeck à Scharnhorst ^ : « Ces hommes-là ne veulent que piller notre pays et le saccager pour se couvrir par un désert. Les gens dans la plupart des villages étaient tellement misérables qu'ils devaient mendier chez les Cosaques le peu dont ils vivent. Nombre d'entre eux meurent de faim et on a déjà trouvé dans les villages que les troupes occupaient, des cadavres non enterrés ».
Les paysans détestaient les Russes et voyaient dans les Français des libérateurs qui devaient les affranchir du nouveau joug. La masse de la population se livrait donc bientôt avec confiance à l'espoir, sinon d'une résurrection prochaine *, en tout cas d'une délivrance complète qui devait être le résultat de la coopération des Français et de leurs propres efforts.
Bientôt cependant un changement devait se produire dans ces nouveaux rapports, à cause des mauvais traitements que